‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 203 sur 231 · LIVRE CINQUIÈME. ^^g · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. ^^g

table, à ses plaisirs, étaient capables de se porter aux plus violentes résolutions contre lui.

Si, de toutes les faveurs que peut accorder un prince aussi estimable par les qualités de son esprit que par ses grandes actions , les sentimens du cœur sont ce qui touche davantage un homme d'honneur, je dois beaucoup à ce prince, qui m'honora particulièrement de sa confiance dans un temps où l'infidélité, la noirceur, la trahison, et tout ce que peut inspirer l'intérêt à des sujets qui ont mis cette idole à la place de l'amour de leur roi, semblaient ne lui laisser d'autre parti à prendre que celui d'une réserve et d'une défiance générales. J'ai quelque chose de plus à dire ; car pour^ quoi cacherais-je ce qui, dans toute ma vie, me paraît l'^idroit le plus propre à m'attirer l'estime des personnes véritablement vertueuses ? C'est dans cette conjoncture si délicate que ce prince voulut bien s'abandonner à moi, et me confier son sort et sa couronne ' ; car il ne s'agissait pas

* Si nous en croyons de Thou, Gaspard et Schomberg, comte dé Nanteuil, Louis de Revol, secrétaire d'état, et lui-même, eurent une grande part dans le parti que prit Henri lY de changer de religion. Aucun historien n*a pu nous désigner nommément celui qui frappa ce grand coup ; ils ne paraissent pas même avoir songé à Sully. Ce qui n'ôte rien à la force des preuves qui établissent dans tout cet endroit de ses mémoires que c*est principalement, et même en quelque manière à lui seul que l'honneur en est dû. Tacite a dit d'un des principaux

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d'un moîudre objet, persuadé sans doute que le conseil d'un homme plein d'un sincère attache? ment 9 et, s'il m'est permis de me servir de ce

minisU-es d'Auguste , que œ ptince, après lui avoir été la réa- Uté de la faveur, lui en laissa encore l'apparence. C'est ici tout le contraire : le duc de Sully en avait déjà tout l'essentiel auprès de Henri IV, qu'on ne s'avisait pas seulement encore de l'en soupçonner ; et ce qu'on trouvera de plus singulier dans l'histoire de l'un et de l'autre , c'est que long-teups après q|ie cette faveur se fut déclarée par les principaux eniplob et les premières places qu'on vit le ministre occuper, et même jusqu'à la mort de Henri , ils demeurèrent ensemble dans ces termes de la plus exacte ctrcoBspection par rapport au pubHc, pendant que* dans le particulier, la familiarité et la coDÛanoe n'ont peut-être jamais été portées plus loin entre un roi et son sujet. Voilà comment il est arrivé que dans quelques histoires de H^enri le Grand , dont les auteurs sans pénétrer jusque ^ns le cabinet , se sont contentés de ne représenter que la face extérieure et publique des affaires, le nom de Rosay «e se trouve points et celui de Sully, si connu pour les personnes bien instruites , assez rarement , vu le personnage qu'a jové Sully dans les dix ou douze dernières années de la vie de ce prince. Tout incompréhensible que paraît cet air de réserve et de mystèiie, qu'on exaniiùe profiondémeiit la conjonetinie de ces temps-là, et avec cela la religion du duc de Sully, on décoiivrira sans peine les sujets qu'ont eus ce roi et ce ministre d'en tiser de la sorte, et même de ne point se départir de cette conduite jusqu'à la. fin. Ce n'est pas là un des moindres traits de inhabileté et de la prudence de ces deux grands homnses.

J'ai cru nécessaire de faire cette i^marque ime fois po«r toutes, « U y avait long*te»ps , dit l'historien Matthieu, tome &> <t page «7^, que B.osny était entré en part des grandes àf^ « f aires du roi. Il fut employé aux plus ceofidens du temps de .f( Henri III , etc. »

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