Livre pbemjI£Ii. Sg
dans les recoins jes plus ca^és- des hôtels des Guises. Il youlut qu'à son exemple torite la cour
cernent ji^mïjl|Jhi.It rapparie de quelle mnnii^re ce priace, voyant roppç^uni de qiicl(i»os-uns de ses roii-,.nllers au dessein d'exterminer le* huguenots, leur fit voii ;i vif chaleur que le royaume était perdu, si ce dessein ne s'exécutait pas, et dans la nuit même , parce que , passé cette nuit , il ne serait plus temps d'arrêter les projets des rebelles, dont il disait être bien instruit; à quoi il ajouta que tous ceux qui n'approuveraient pas sa résolution n'étaient pas de ses serviteurs. Mais comment cet historien ne s'est-il pas aperçu que, peu de pages après cet exposé , c'est à-dire à la page 369 , ibi'd, il détruit lui-même toutes ses preuves en rapportant un dîscourst^ue He«ri ni , étant en Pologne, tint à Miron, son médeoK'IBn voici on abrégé, car il e^t trop long pour l'insérer ici en entier. Henri III, qui n'était alors que duc d'A,njou , étant entré, quelquesjours avant la Saint-Banhélcmi, dans la chambre du roi son frère, s'aperçut que ce prince le regardait avec des ^euxsi pleins de colère, et d'un air si furieux, qn'appréhendant l'effet de cet emportement, il regagna doucement la porte , et alla porter l'alarme k la reine-mère. Celle-ci , n'étant que trop disposée à le croire par ce qui lui était arrivé à ellemême , conclut à se défaire sur-le-champ de Coligny. MaureverL ayant manqué son coup en partie, puisqu'il ne fit que blesser l'amiral au bras , la reine-mère et le duc d'Anjou , qui ne purent détourner le roi d'aller rendre visite au blessé , jugèrent à propos de l'y accompagner ; et sous prétexte de ménager les forces de l'amiral, ils interrompaient, autant qu'ils pouvaient, la conversation secrète que ces deux personnes avaient ensemble, pendant laquelle Catherine, qui n'était entourée que de calvinistes, vit qu'ils se parlaient à l'oreille, et
4o MÉMOyiES DE SLI-LT.
rendit visite au ble^. i^-e& Giûs^a, ayant demandé à ce priiioe qu'il daignât écouter leur justifii'atiou,
la rc^rdaieDt de. temps en temps de fort mauvais œil. Klie compta cette avc-nlarç pour le p1ii« j^iaiid danj^cr qu'eMc eûi ronru de sa vie. En s'en retouninnl , elt pressa sî fort le roi de lai dire de quoi il a^it'^é (question cib'c lui et Càligny, que ce pritice ne put s'empêcher de le lui donner à cAtendre, en lui ilisani avec ses jurement ordinaires (|u^e gâtait toutes les afTaires, ou autres paroles semblables. Catherine, plus aUnnée encore qu'auparavant , eut recours à un artiUce qui Isi réassit. Elle représenta si rortcment à son fi's qu'il était prêt à tomber daua le pié^e qu'elle supposait que l'amiral lui tartijt, qu'il était à la veille d'être livr^^ux hn£;uenots joints iffflrmffeK , sans avoir rien à espérer de ses sujetS'Cat^liques que le chagrin d'être trahis avait portés à se choisiritin autre chef ^ et elle fut si bien secondée des autres conseillers, e»^epté du seul maréchal de Reti, que Charles IX, saisi luimême d'appréhension , et passant d'une extrémité à l'autre, fut le premier à opiner, et même k presser qu'on tuât non-sealement l'amiral, mais encore tous leshu;;uenols,aBn, disait-il, qu'il n'en restât pas un seul qui pAt le lui reprocher. C'est à quoi on travailla aussi tout le reste du jour, le soir et toute la nuit. Au point du jour, Charles IX, la rcinc-nière et le duc d'Anjou sortirent sur le portail du Louvre i et , entendant le premier coup de pistolet, la frayeur et les remords les prirent. Leifoi envoya im ordre au duc de Guise de tout suspendf« ; auùa Isduc de Guise répondit que cet ordre venait trop tard; et eux-mêmes, s'etant peu à peu rassurés, donnèrent les is à tout ce qui se |)assa ensuite.
Il n»e semble qu'on peut concilier ces diH'erens sentimens , et conserver auv preuves alléguées de part et d'autre loule
LITRE PREMIER. ^l
en furent très-mal reçus ; et l'ambassadeur d'Espagne fut si mal traité à cette occasion , qu'il prit le parti de se retirer. Le pape Pie V ne fut pas à couvert des emportemens de Charles , pour le refus qu'il fit de la dispense nécessaire au mariage de Henri avec Marguerite , dont les prépara tife' se faisaient avec une extrême magnificence. Le roi poussa ses égards pour ce prince jusqu'à le dispenser d'entrer dans l'église de Notre-Dame ' ; il
leur force, en disant que Charles IX, qui véritablement n'avait appelé Tamiral à Paris que pour le perdre avec tous les huguenots , se laissa ébranler par ses discours; qu'il revînt, et peut-être plus d'une fois, à embrasser tour à tour les deax partis opposés qu'on lui proposait , et que tous ces discours, d'un et d'autre côté, le jetaient dans une irrésolution dont il ne sortit que par l'effet d'une fougue dont Catherine sut habilement profiter. La sécurité de Coligny venait de ce qu'il sentait, à n'en pouvoir douter, que ses «tisons frappaient droit au cœur du jeune prince. Sans cela il est impossible que Charles IX en eût imposé si long-temps à un homme de l'habileté de cet amiral. Un jeune roi de vingt-trois ans, et jusqu'à ce moment toujours en tutelle, n'est point capable de la finesse dont on veut lui faire honneur ; mais ce jeune prince, on ne peut en disconvenir, portait déjà la dissimulation au plus haut point. Les secrets de son conseil , et ceux de l'amiral, dont il ne s'ouvrit jamais à aucun des deux côtés, quelque pressé qu'il en fût , en sont une peuve sans réplique.
' « La résolution du roi, dit Le Grain, fut que le mariage « serait célébré d'une façon qui ne tiendrait de l'une ni de « l'autre religion ; de la calviniste, parce que les promesses se-
4^ MiMOIBES DE SUIXT.
fut encore dispensé d'observer toutes les cérémonies romaines. Le cardinal de Bourbon ' , ayant fait des remontrances sur cette tolérance , qui lui parut excessive, fut renvoyé avec une dure réprimande. Ce fiit tout autre chose encore lorsque la reine de Navarre mourut : toute la cour en parut vivement touchée , et on y prit le grand deuiL
Enfin ce n'est point donner à toute cette conduite de Catherine et de son fils un nom trop fort que de l'appeler un prodige presque incroyable de dissimulation , puisqu'elle fit tomber dans le piège un homme aussi avisé que l'amiral de Coligny , malgré miUe circonstances qui semblaient con-
<c raient reçues par un prêtre, qui serait M. le cardinal de « Bourbon, et de la romaine, parce que <;es promesses seraient « reçues sans les cérémonies sacramentelles de l'Église... Il fut <t dressé un grand «échafaud au parvis, devant la porte et prince ci pale entrée de l'église de Paris, le lundi i8 août i57a , sur « lequel furent fiancés et épousés en un même jour, et par un
« seul acte, très-haut, etc Ce fait, l'épousé se retira au
^ prêche (je crois qu'il faut lire au porche), et l'épousée entra <c dans le temple pour ouïr la sainte messe, suivant les articles « du traité de mariage, et de là se rendirent tous deux au festin « apprêté en la grande salle du Palais, etc. » (Baptiste Le Grsi\n, Décade du roi Henri /e Grand, liv. a.) Charles IX donna à sa sœur trois cent mille écus en dot, et la reine de Navarre céda au prince son fils, en faveur de ce mariage, la haute et basse comté d'Armagnac, etc. P, Matthieu , t. i, liv. 6. ' Charles de Bourbon, cardinal , oncle de Henri lY.