‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 26 sur 231 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

récurie du roi. Les^ardes mêmes que Charles * mit près de l'amiral après ce coup , sous prétexte d'as- ^ surer sa personne , étaieA|t la plupart ses ennemis degrés. Il n'était pas moins incontestable que tous les bgp^geois de Paris s'étaient fournis d'armes , qu'ils gardaient dans leurs maisons par ordre dmf«^.

j^es pljiç clairvoyans d'entre les huguenots se r^endirent à des preuves si claires, quittèr^^ia cour, et même Paris , ou du moins se logèrent dans les faubourgs. De ce nombre furent MM. Lan-

• Tout cela est vrai , et prouve que "ce guet-apens se fit par ordre de la reine-mcre, mais non pas par celui du roi. On ne saurait bien dire quelle fut sa véritable intention en faisant ce coup ; si elle ne chercha simplement qu*à se défaire d'un homme qui prenait trop d'empire sur l'esprit du roi , et capable de faire échouer le dessein d'exterminer tous les hugueiiûts ; si, supposé que l'amiral fût mort du coup , elle aurait borné sa vengeance à cette seule mort , ou si elle s'attendait que le bruit de cet assassinat, en excitant dans Paris une révolte parmi les calvinistes, lui fournirait une occasion qu'elle cherchait de faire faire main-basse sur eux , ayant dressé sa partie pour cela. On proposa dans le conseil secret plusieurs moyens de faire naître un sujet de les attaquer; entre autres, celui d'une espèce de camp ou attaque d'un fort artificiel, construit dans le Louvre , où l'on tournerait contre les réformés la feinte en réalité. Enfin on s'en tint à celui de les passer au fil de l'épée dans une nuit.

L'amiral était logé dans la rue Bétisy, dans une auberge, qui est aujourd'hui l'hôtel Saint-Pierre ; et l'on y montre encore la chambre où il fut tué.

46 XÉMOIEES DE SUIXT.

goiran ' , de Frontenay, le vicxMnte de Chartres , de Loncaunay, de Rabodanges, du Breuit, de Ségur, de Sey, du Touchet, des Hayes, de Saint*- Gelais, dé Choupes, de Beauvais de Grandry^. de Saint-Étienne, d^Ames, de Boissec, et plusieurs autres gentilshommes, tant de Normandie que du Poitou. Heureusement mon père fiit un de cew à qui une sage défiance sauva la vie. Loij^qu'on les pressait de s'approcher de la cour, ils répondaient qu'ils trouvaient que l'air des £siubourgs était meil-

' N. . . . de Monferrand, baron de Lançoiran ; Jean de Rohan, sieur de Frontenay ; Jean de Ferrières , vicomte ou vidame de Chartres. N — .de Loncaunay, gentilhomme de Normandie , tué à la journée d'Ivry , âgé de soixante>dix ans ; N .... de Rabodanges. On voit , dans les manuscrits de la bibliothèque du Roi, vol. coté S699, P- ^'9 l'original d'une lettre de Charles IX à M. de Rabodanges, datée du 6 mai 1 566 , de Saint-Maur, qui commence ainsi : a M. de Rabodanges, je « sais le devoir grand que vous avez fait à l'occasion de la com- « mission que je vous ai ci-devant baillée pour faire punir les « voleurs et brigands de votre comté, etc. » ; N. . . . de Ségur de Pardaillan; N. ... du Touchet, gentilhomme de Normandie, près de Domfront; N. . . . Deshayes, Casque, Gui de Saint-Gelais , fils de Louis, sieur de Lansac ; Pierre de Choupes ; Jean de La Fin , sieur de Beauvai$-la>Nocle ; Pierre de Grandry, maître-d'hôtel ordinaire du roi, etc. Toutes ces personnes pressant Tamiral de sortir de Paris , il leur répondit : « Si je fais cela, il faut que je montre ou ma peur, ou ma dé- « fiance ; mon honneur serait offensé en run,»et le roi en l'au- « tre ; je serais contraint de retourner à la guerre civile , et « j'aime mieux mourir que de voir les misères que j'ai vues et <« les maux que j'ai endurés. » Matth, t. i , liv. 6 , p. 343.

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