LIVRE PREMIER
et conforme à ^es intérêts, d'accOMlt^r att^i^ormés la paix et le libre exercice de leui^ *rilffig^x>ii'; mais il en profita si peu, qu'il rompit d'àboÂSi)', en arrivant en France , la trêve qu'on avait aéôbrdée aux huguenots pour trois mois , et la changea , à la sollicitation de Catherine, en une déclaration de guerre contre tout le parti protestant , auquel s'étaient joints tout fraîchement grand nombre de catholiques, par affection pour le maréchal de Banville ^ , irrité de la prison de son frère. Le roi alla en personne mettre le siège pour la seconde fois devant Livron , qu'il fut aussi obligé de lever , ne remportant que la honte de voir et d'entendre , en se retirant, les femmes et jusqu'aux enfans lui insulter du haut des murs , accabler la reine-mère des traits les plus satiriques et les plus offensans. De ce moment , il commença à se montrer si prodigieusement différent de ce qu'il avait été duc d'Anjou, qu'on put dire que sa fuite honteuse à Avignon fut l'époque de son ignominie, des malheurs de son royaume et des siens propres. Dans le voyage de Reims , qu'il fit aussitôt après pour se faire sacrer , il devint amoureux d'une des filles du 'comte de Vaudemont ^ , et l'épousa.
Ce fut un bonheur pour lui que pendant tout
• Henri de Montmorency, duc àe Banville, second lils du connétable Anne de Montmorency.
" Louise de Lorraine, fille de Nicolas, duc de Mercœur,
ce temps le Afec d'Anjou se trouvât étroitement
resseiré*! niaits ^P^è^ ^^ sacre de Henri , ce prince , qui avatjTJHicbre une fois quitté son nom pour prendre celui de Monsieur^ jo^iit? aussi bien que le roi de Navarre, d'un peu plus de liberté, qu'on retranchait ou augmentait suivant les nouvelles qu'on recevait de leur correspondance avec les ennemis de la reine-mère ' . Un autre soin de Catherine était de travailler à désunir ces deux princes ; ce qu'elle faisait en leur promettant à tous deux séparément la lieutenance-générale des armées de France, et en mettant en œuvre ces moyens qui manquèrent si rarement de lui réussir, je veux dire les intrigues de galanterie et les rivalités. Elle ne put si bien faire , que Monsieur ne lui échappât à
comte de Yaudemont, et de Marguerite d*£gnQont, sa première femme. Matthieu donne de grands éloges à la vertu de cette princesse , et à sa tendresse pour son mari. Tome a , liv. 3 , page 4^8.
' Henri III haïssait fort Monsieur, par lequel il s'imaginait avoir été empoisonné ; et il voulut engager le roi de Navarre à tuer ce prince. Henri eut horreur de cette proposition. Dans une maladie qu'eut alors Henri III , et qui ne venait que d'un mal dans Toreille, Henri IV dit un jour au duc de Guise, qu'il aimait : Notre homme est bien mal. Le duc de Guise répondit à la première fois : Ce ne sera rien. A la seconde : U y faut penser. A la troisième fois , il lui dit enfin : Je vous entends, Monsieur; et frappant le pommeau de son épée : Voila y ajouta-t-il, qui est à votre service. Matthieu , t. 5, liv. 5-, p. 4i8.