‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 43 sur 231 · LIVRE PREMIER. "S · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. "S

moyen de nous retirer. Le sieur d'Ywjitii<>jiy^ homme normand , et La Trape , m^l^JiïJilj^ chambre , me furent d'un grand secours fSSSfiittte occasion. Le roi de Navarre , voyant le jour baisser , fit cesser le combat , et se retira à Jegun , où deux jours après , les troupes royales , ayant à leur tête l'amiral de Villars , parurent en armes, attirées par le bruit de l'attaque de Mirande. Il y aurait eu de la témérité à les attaquer. Nous nous tînmes renfermés, et nous tâchâmes seulement de ies engager à entreprendre de nous forcer; ce qu'ils n'osèrent tenter. Les deux armées furent en présence jusqu'à la nuit. Un combat singulier de six contre six fut proposé entre MM. de Lavardin et de La Gévèse ; mais , comme nous disputions à qui le sort tomberait , le roi d'un côté , et le marquis de Villars de l'autre, vinrent faire retirer leurs troupes à l'entrée de la nuit.

Quelque temps après , le roi de Navarre , allant de Léctoure à Montauban , ordonna au jcomte de Meilles et à moi de donner avec vingt-cinq chevaux sur un gros d'arquebusiers que les habitans de Beaumont avaient postés dans les vignes et les chemins creux sur notre passage. Nous les menâmes battant jusqu'aux portes de la ville , d'où il sortit environ cent soldats à leur secours, dont une partie demeura sur la place, et l'autre se noya dans les fossés. Le roi , qui vit que le rempart

jt à se couvrir de soldats, ne jugea pas llfiÉpàller plus avant , et continua sa route, tour , il voulut éviter de passer sous cette ville, et prit plus bas par un endroit qu'on nomme, si je m'en souviens, Saint-Nicolas près le Mas-de- Verdun. Nous en étions à peine éloignés d'une lieue, que nous entendîmes un bruit de tambours, et que nous découvrîmes un parti de trois cents arquebusiers qui marchaient assez mal en ordre sous cinq enseignes. On tint conseil : les uns opinaient que , sans avoir égard à la supériorité des ennemis , nous les attaquassions ; et les autres en dissuadaient. Le roi de Navarre , n'ayant envie que de les tâter, fit avancer cinquante chevaux; et pendant ce temps-là il nous rangea sur ime ligne, ayant derrière nous nos domestiques ; ce qui présenta aux ennemis un front qui leur cacha notre petit nombre. La blancheur éclatante de nos armes leur en imposa : ils s'enfuirent à travers les buissons , où nous les poursuivîmes jusqu'à ce que, rencontrant une église , ils s'y barricadèrent.

Cette égUse était grande , solidement bâtie , et pourvue de vivres , parce qu'elle était ia retraite ordinaire des paysans , et il y en avait un grand nombre en ce moment. Le roi de Navarre entreprit de les y forcer, et envoya chercher des soldats et des travailleurs à Montauban , Lectoure , et autres villes voisines^ se doutant bien que Beau-

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