LIVRE SECOND. l
varre me tim de cette vie oisive. Il me mandait que le temps qu'il avait prévu était arrivé où il avait besoin de ses serviteurs; que l'état et la religion étaicdlt menacés du dernier malheur, si l'on ne trtivaillait promptement à le détourner, et
ture qui lui arriva avec le capitaine Michau, qui avait feint de quitter le service de l'Espagne, et de passer à celui de ce prince , pour trouver le moyen de le tuer en trahison. « Un « jour, dif-il , chassant es forets d'Ailas , il avise à ses talons « le capitaine Michau, bien monté, ayant une couple de pis- « tolets à canon bandés et amorcés, le roi seul et mal assisté, 5 comme c'est l'ordinaire des chasseurs de s'écarter.... Le roi, « le voyant approcher, lui dit d'une façon hardie et assurée : « Capitaine Michau , mets pied à terre , je veux essayer ton « cheval s'il est si bon que tu dis. Le capitaine Michau obéit, « et met pied à terre. Le roi monte sur son cheval, et, prenant « les deux pistolets : Veux-tu , ce dit-il , tuer quelqu'un ? On « m'a dit que tu veux me tuer, mais je te puis maintenant tuer « toi-même, si je veux; et, disant cela, tira les deux pisto- « lets on l'air , lui commandant de le suivre. Le capitaine , « s'étant fort excusé, prend congé deux jours après, et oncques « depuis ne parut. » Dec, de Henri le Grand y liv. 8.
Busbec, qui résidait alors à Paris en qualité d'ambassadeur de l'empereur Rodolphe II , nous assure encore dans ses lettres qu'un homme aposté (il ne marque pas par qui) empoisonna en ce temps-là le roi de Navarre ; mais que ce prince n'en souffrit aucun mal, soit par la force de son tempérament, soit par la faiblesse du poison ; que ce même homme le manqua ensuite d'un coup de pistolet; et, qu'ayant été pris et appliqué à la question, on connut, par les démarches que fit Henri III en cette occasion , qu'il n'avait aucune part à cet assassinat. Epist, [fi.