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qu'il allait avoir incessamment survies bras une guerre des plus rudes. Je me disposai incontinent à aller trouver ce prince , emportant avec moi , aufent pour ses besoins que pour les miens , quarante-liuit mille francs d'une vente de bois d« haute futaie , que je fis à cette intention.
En effet c'est dans cette année qu'éclatèrent les hardies entreprises de la Ligue ' , et Ton ne
.■ * La première de toutes les démarches qui doimèrent naissance à la Ligue , fut une association des princes , prélats et gentilshommes de Picardie , assemblés à Péronne , pour se dispenser d'obéir à Tédit de soixante-trois articles , rendu, en 1576, en faveur des protestans. Le manifeste qui y fut dressé servit comme de modèle à toutes les autres provinces, et môme aux états de Blois , qui furent convoqués à la fin de cette même année, et dont les résolutions mirent Henri III dans la nécessité de se déclarer chef des catholiques contre les huguenots, pour ne pas laisser prendre cette place au duc de Guise. Dans le commencement on ne parlait simplement que de maintenir la seule religion catholique dans le royaume: mais on y mêla dans la suite la question de la succession à la couronne, et on y fit entrer le pape et le roi d'Espagne. Voyez la formule de ces associations dans le vol. coté SS7.6 des manuscrits de la bibliot, du Roi, p. 160. La confédération de la noblesse de Normandie, avec serment de conserver la religion en France, et la couronne dans la maison de Valois, se voit, vol. 8832 , p. 5. Tout ce volume est encore rempli de mémoires concernant la Ligue et les premiers états de Blois. Voyez outre cela le Traité de la Ligue avec le roi d'Espagne, passé au château de Joinville, et signé des parties respectives, et plusieurs autres pièces sur le même sujet, vol. 8866. On trouve aussi ces mêmes pièces, en tout ou en partie , avec des circonstances
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pense point , §ans frémir , qu'ejjfte^oins de quiatre ans il fondit su^ le roi de.JSJtaVisfrre dix armées
curieuses i^r ce sujet, dans différens auteurs, tels que les Mémoires de Nei>erSy t. i ; les Mémoires de la Ligue , t. i ; les Mémoires d'état de Villeroi, t. 2 ; de Thou , liv. 63 et Si^d'^ubigr^y t. 2, liv. 3, chap. 3 ; Matth. t. i, liv. 7 et 8 ; /^ Novennaire de Cayet, t. i, au commencement, et autres.
Bien des personnes veulent que Tori^ne de la Li{^ue soit beaucoup plus ancienne, et qu'elle ait pris naissance dans' le concile dé Trente, par les soins du cardinal de Lorraine, l'oncle, pendant que de son côté, le d'île François de Guise en formait aussi-Je plan en France ; mais que la moVt de celui-ci en 3iuspendit Teffet. On, -prétend encore que D. Juair d'Autriche, passant par la France pour se rendre en Flandre, .en. concerta le projet avec le duc de Guise : le collétie de Fortet a pïissé pour avoir été le berceau de la Lij^'ue. GVtait, dit-on, un avocat nommé David qui en porta les mémoires à Rome ; et ces mémoires qu'on lit encore dans le premier tome dès Mémoires de la Ligue y interceptés par les huguenots, furent ce qui leur en donna la première certitude QueUjues personnes ont douté si cet avocat, qui mourut en allant à Rome, ou, selon d'autres, en revenant, n'agissait point auprès du pape de son mouvement, et selon ses propres idées, ce qui n'a guère de vraisemblance. Pour Henri III , il mérite assurément tous les reproches que lui fait ici le duc de Sully. Il avait des preuves évidentes du dessein des ennemis de l'autorité royale, lui qui, en rompant Todit de pacilication de 1677, dit hautement ces paroles : « .l'ai grand*j)eur qu'en vouLint « perdre le prêche , nous ne hasardions fort la messe. » On assure que tous les secrets de la Ligue lui avaient ete découverts par un gentilhomme nommé La Rochette, qui en était chargé, et qui se laissa prendre exprès, afin de pouvoir tout révéler sans risque. Enfin il est encore certain qu'en i584
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royales, lorsque le dan£:cr qui menaçait ég[alement les deux rois se fut tourné contre lui- seul , par la faiblesse de Henri III, qui prit la kû de ses propres ennemis, et conduisit lui-même la main qui cherchait à renverser son autorité.
Henri HI, voyant que la Ligue arborait publiquement Tétendard de la révolte, se réveilla un peu de la léthargie où il était plongé , et jugea à propos de faire partir le duc de Joyeuse ' pour Topposer en Normandie au duc d'Elbœuf , qui y tenait une armée, dont la Ligue s^était servie à extorquer le fameux édit de juillet ^ , par lequel
et 1 585yqne le duc de GuisecommeDça à faire lever Tétendard au parti 9 il était encore si faible, qu'il ne pouvait compter au plus que sur quatre mille hommes d'infanterie, et mille chevaux. Aussi Beauvais Nangis (et c'est Nan^s lui-même qui le dit dans ses mémoires) lui demandant un jour ce qu'il prétendait faire si le roi venait l'attaquer : a Me retirer, lui réu pondit le duc, au plus vite en Allemagne, en attendant une " occasion plus favorable. »
' Anne , duc de Joyeuse , l'aîné des sept fils de Guillaume de Joyeuse.
* Ce traité est celui de Nemours, qui fut le triomphe de la Ligue et la honte de Henri III. Henri IV dit au marquis de La Force, en présence de Matthieu, qui le rapporte, liv. 8, qu'au moment qu'il apprit cette indigne faiblesse de Henri III, sa moustache blanchît tout d'un coup du côté où il tenait son visage appuyé sur sa main. Sixte V lui-même en parut indigne ; et par la même bulle du 5 septembre i585^ par laquelle il excommuniait ceux qui donneraient du secours aux huguenots, il excommunia aussi tous ceux qui entrepren-