LIVRE SECOND. l6l
quoi les catholiques chassent le reste des huguenots de la ville et^du château, avec la même facilité qu'ils s'en étaient emparés. Tout cela ne serait poii|^i||rivé , si le roi de Navarre avait conduit seul l'entreprise, parce qu'il n'aurait fait agir les deux conjurés que lorsqu'il aurait été à portée de les appuyer avec toute son armée*
Cette entreprise si mal concertée produisit plus d'un mal. Le prince de Condé était occupé à assiéger Brouage lorsqu'on lui vint annoncer que son parti avait surpris Angers. Il ne balança pas à« quitter le siège pour venir seconder ses créatures , et étant arrivé trop tard, il manqua l'un et l'autre. Elle fut cause de plus que toutes les tf'eupes catholiques , qui étaient encore dispersées et dans l'inactipn, se rassemblèrent aux environs d'Angers : ce qui acheva d'ôter tous leè moyens de s'en ressaisir , précipita les actions de là campagne ^ et mit le prince de Condé lui-même , comme on le verra bientôt, dans un danger dont iln'échappa que par un insigne bonheur.
Après ce premier acte d'hostilité de la part des réformés, je jugeai qu'on ne les ménagerait plus; et je me trouvai dans un fort grand embarras. Si je voyais du risque en demeurant à Rosny, la campagne étant couverte de royalistes, je n'en trouvais pas moins à vouloir pénétrer jusqu'où était jle roi de Navarre. Je pris pourtant ce parti,