LIVRE VIlKi'rrSIXïÈMK. VL^l
temps, et avec les n(iêines avantages, de créer un camp , ou corps permanent de six mille, hommes d'infanterie, de mille chevaux, et de six pièces d'artillerie complètement équipées; douze vais-
toutes les sciences et de tous les arts, en même temps qu'elle en aplanit les difficultés , les jeunes gens non-seulement n'en profitent point , mais encore entrent dans le monde prévenus contre toute espèce de littérature , et pleins d'aversion pour tous les livres en général , par le petit nombre de ceux qu'on leur a fait feuilleter si laborieusement , aversion dont souvent ils ne reviennent jamais, ou dont ils ne reviennent que pour se faire de la lecture un simple amusement dans un A'^e où leur esprit a perdu cette vigueur sans laquelle le talent le plus décidé n'est plus qu'un avantage inutile.
Serait-il donc impossible que, réduisant de moitié au moins ce nombre prodigieux de collèges latins, on convertît le reste en des collèges plus utiles à la jeunesse, pour différentes professions auxquelles elle est appelée? Qu'en consacrant, par exemple, les premières années de lenfance à apprendre les premiers devoirs de la religion et de la vertu, à bien lire , bien écrire et bien chiffrer, on fît passer ensuite les jeunes gens dans d'autres collèges, où, avec une simple teinture des langues savantes pour ceux qui n'en doivent pas faire un i'ort grand usage, on les exerçât à bien parler et à bien écrire dans notre langue, à se familiariser avec ses différens styles, le style épistolaire surtout, et à entendre du moins celles de quelques-unes des peuples voisins avec lesquels nous avons le plus de relations ; qu'à ces écoles succédassent celles où l'on enseignerait les élémens des plus nécessaires parties des mathématiques, de la géographie ou de lliistoire; où la tactique, la politique, la jurisprudence, le commerce, présentés sous des principes courts et clairs, servissent aux maîtres à développer le talent de leurs élèves, et aux élèves à se fixer à celui