MliMOIKïlS DE SULty
seaux ronds , et autant de galères , entretenus en bon ordre, répondaient pour la marine à ce nouvel établissement militaire.
Comme les pVojets d amélioration et de rectification à toutes sortes d'égards y tenaient une des principales places, à commencer par celui qui devait, suivant le dessein de Henri, faire changer la face de toute l'Europe, et qud était éclairci et développé de la manière la plus nette, et dans la forme la plus étendue, il y en avait de particuliers sur toutes sortes de sujets. Dans ceux , par exemple , qui regardaient la guerre , on indiquait les moyens de maintenir si exactement la
pour lequel la nature leur donne plus de dispositions et d'attrait.
Le peu que je viens de marquer 'peut à peine passer pour une ébauche très-grossière d*un meilleur projet II doit pourtant suffire, ce me semble, pour faire comprendre que ce ne peut être qu'en suivant une semblable idée qu'on parviendr<a à inspirer aux jeunes gens rémttlatioii de la vraie gloire, du travail et de l'application ; à les retirer de l'oisiveté et de la débauche auxquelles on les voit se livrer ; enfin à donner à l'état les plus excellens sujets en tout genre. On voit tous les jours que la connaissance de celte vérifié est ce qui détermine tant de parens à préférer pour leurs enfana* l'éducation privée et domesrtique à celle des collèges. On ne saurait. les en blâmer, quelque persuadé qu'on soit des avantages que celle-ci a d'ailleurs sur l'autre y. et c'est ce qui. fait encore plus regretter que cette éducation publique n'ak point encore été portée parmi nous au point de perfection où tout le monde sent qu'elle pourrait et qu'elle devrait être.
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cKscipline , considérée noxHseulemeal dans» Veicer* cice actuel de la guerre, rnaia encore dans le temps de la paix, qu'ils eussent rendu sacrée pour le soldat la personne du marchand , de l'artiaan , du pasteur et du laboureur. Ces quatre sortes de professions, sur lesquelles il est vrai de dire que roule tout l'état, auraient trouvé toute sorte de sûreté contre les vialences de la noblesse , dans d'autres mémoires sur la police et'le gouver»4>ment intérieur. Ceux-ci marquaient si juste la distinction des conditions et l'étendue de leurs droits , qu'aucune d'elles n'eût pu dans la suite ni abuser de la supériorité , ni se soustraire à la subordination. L'objet de ceux qui avaient rapport au clergé était d'engager tous les ecclésiastiques à faire d'un bien qui, à proprement parler, n'est point à eux , l'usage qu'exigent les canons ; à ne point unir ensemble deux bénéfices de la valeur de six cents livres de revenu ; à n'en posséder aucun qui rapportât plus de dix mille livres ; du reste, à s'acquitter dignement de leurs fonctions, et à regarder le bon exemple comme la première des lois qui leur sont imposées.
Je n'entrerai pas dans un plus grand détail , parce que j'ai eu occasion de traiter ces sujets dans différens endroits de ces mémoires *. Je renvoie
* C^te esfièce d'école mtmtle pour La fiaajiice, la guerre, le commerce, etc. , me paraît une idée si heureuse , que je ne vois
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de même à tout ce que le lecteur a déjà vu, ou qu'il verra, sur le chapitre de la morale, et des maximes pour un bon et sage gouvernement , qui y tenaient ^ussi leur rang. J'abrège un détail que je pourrais rendre infiniment plus long , et par la raison même que , quelque étendue que je lui donnasse , jç ne pourrais tout remarquer ici , du moins «ans jeter dans la fatigue et l'ennui inévitables, lorsqu'on n'a rien d'absolument nouveau à exposer.
rien en effet à quoi elle ne doive s'étendre. Pourquoi les personnes qu'on appelle à la participation des différentes affaires du gouvernement font-elles tant de fautes? Parce que, n'y ayant ni règles positives, ni principes écrits qu'ils puissent consulter, et qui serviraient ou à leur donner les vues qu'ils doivent avoir, ou à redresser les- leurs, ils travaillent presque toujours au hasard , et qu'ils agissent souvent hors du véritable plan. De là vient qu'à tous égards nous arrivons si tard au but qu'on devrait se proposer , et que très-souvent on le manque tout-à-fait. Il n'y a guère de corps ou de communautés qui pussent subsister seulement] deux ou trois siècles sans le secours d'une règle d'institut, toujours présente à ceux qui les conduisent : comment l'état qui les renferme tous pourra-t-il s'en passer? Comment, sans cela, ceux qui succèdent dans les places et les emplois seront-ils au fait de ce que les conjonctures changent ou ne changent point aux principes qu'ils voient qu'ont suivis leurs prédécesseurs? Faute de cette règle, de cette loi permanente, une bonne idée qui n'a pu s'exécuter périt avec l'inventeur, et une infinité de mauvaises adoptées | ar vivacité, par ignorance, se perpétuent.