‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 104 sur 195 · LIVRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SIXIÈME

fie Tartillerie, ponts et chaussées, etc., à ériger en titres ; sur les charges des bailliages , élections et greniers à sel , à augmenter en sfttributions de gages, privilèges, etc. , le fonds pris sur les tailles, jusqu'à la concurrence de cinq sôus par livre; sur (les élections à créer en Guienne , Languedoc , Bretagne et Bourgogne : le roi prévit bien des

«ce sujet des précautions capables de le prévenir, exceptant <( non-seulement du droit annuel les charges des premiers pré- « sidens, des procureurs et avocats-généraux, mais se réservant « de plus le pouvoir de disposer des offices qui y sont compris , " lorsqu'ils viendront à vaquer, en payant préalablement aux '< héritiers de ceux qui en étaient pourvus le prix auquel ils ' seraient évalués... Les maux que «cause présentement le droit

annuel ne procèdent pas tant du vice de sa nature que de •' l'imprudence avec laquelle on a levé les correctifs que ce ' grand prince y avait apportés. Si Tédît fût demeuré en la '< pureté de son premier établissement, les .offices ne fussent ' jamais venus à Texcès du prix auquel ils sont maintenant.... ' Il ne faut donc que remettre Fédit du droit annuel aux pre- ' miers termes de son établissement. »

Ces paroles justifient pleinement Sully du blâme qu'on veut qu'il ait encouru par le conseil qu'il donna à Henri lY sur le tameux édit du droit annuel. £n vertu de cet édit, on fit payer aux officiers de judicature, en la place de la paulette, le soixantième de la finance de leurs charges : ce qui s'est prati> fpié de neuf en neuf ans, jusqu'en 1709, qu'on a obligé ces officiers de racheter le fonds de ce droit. Voyez le Journal de L'Étoile sur l'année i6o5, qui est celle de cet édit : de Thou, ^ézerai, etc. Le nombre excessif des officiers de judicature, etc. f^Vsl et le principal abus et la vraie cause de tous ceux dont ît-b bons esprits se plaignent à cet égard.

aSo MÉMOIRES DE SULLY.

murmures 'dans ces quatre provinces ; sur les créations de nouveaux trésoriers dans les bureaux des finances , deui à Sens «f à Cahors , six ai Bretagne , et trois partout ailleurs : Henri disait qu'il eût mieux valu 'diminuer le nombre de ces harpies que de l'augmenter.

Je proposais un beaucoup plus grand nombre encore d'offices à créer , dans le besoin , parmi les trésoriers , payeurs de rentes et de gages , receveurs et autres officiers des tailles , secrétaires et offikûers «de grande et petite chancellerie^, comine aussi de notivelles attributions aux offices existans : ériger en charge les deux premiers commis de tous les officiers comptables de France , etc. ; le détail de toutes ces parties tiendrait trop de place. Le bon cœur du roi lui représentant comme déjà arrivé ce qui n'était simplement qu'en projet , le faisait se récrier contre tant de réglemens, dont j'étais d'accord avec lui qu'il ne fallait surcharger le peuple que dans le cas d'une extrême nécessité.

Achevons. De nouvelles cours souvfaraines à ériger en différaites villes ; sarvoir , çarleiB«irt , chamfbre des comptes et cour des aidés à Lyon et à Poitiers , en supprimant la cour des aides de Montferrand; cour des aides en Brets^gne, parce qu'il était proposé d'y porter aussi les aides : une seconde à Bordeaux , avec une chambre des comp-

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