‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 108 sur 195 · LIVRE VIJfGT-SIXlÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIJfGT-SIXlÈME

entretiens, et le roi montrait une grande impatience de le voir achever. Il m'envoya cfaercheF par un des garçons delà chambre, un malin ^u'il faisait extrêmement chaud; c'était, jè crois, dans le mois de juin. Lorsque je montai dans son cabi<* net , il venait d'en sortir par la galerie , et il était déjà aux Tuileries , où je ne pus le joindre que sur la terrasse des Capucins , près de la petite porte , par où il sortait pour aller entendre la messe chez ces religieâK. Du plus loin qu'il me vit a|^rocher, suivi de cette foule de cliens , qui semblent devi-* ner tous les endroits où doivent se trouver les ministres : « Allez dire aux capucins , dit-il , qu'on <c retarde ma messe , car il faut que j'entretienne « cet homme -1^9 qui n'est pas hbmme à messe; a s'il me voulait croire en cela , je l'en aimerais bien « davantage encore, et il n'y a rieii que)e ne fisse « pour lui, quoique, tel qu'il est, je l'aime bien et « m'en serve utileiiiènt. » Sa majesté me prît pér la main , et pendant environ deux heures que nous passâmes à noua promener, ce prince ne me parla que de nouveaux mémoires qu'il me demandsât pour les joindre au cabinet. £n me quittant, il m^ recommanda tout haut démettre toute ladiligenée et l'exactitude possibles à ce travail. ^ Peu de pâ- « rôles, dit-il, et beaucoup de choses, et que tout R soit pourtant bien éclairci; car je veux en coma muniquer quelque chose k quelques-uns de mes

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a serviteurs que je vous dirai. » Je lui répondis qu'il fallait me donner un peu de temps , puisqu'il s'agissait de joindre ensemble l'ordre, la brièveté et la clarté. « Faites donc comme vous « l'entendrez , reprit Henri ; vous connaissez mon « style , et moi le vôtre , ils s'accordent bien en- « semble. »

J'envoyai dire au chancelier que je n'irais point ce jour-là au conseil, et je me tins enfermé tout le reste du jour et une grande partie de la nuit à remuer livres et papiers : je ne me mis pas même à table pour souper. Dès les sept heures du matin, je vis arriver le roi avec les personnes dont il m'avait parlé la veille , qui étaient MM. d'Ornano , de Boësse9du Bourg, de Lisle, de Saint -André, de Montpellier , de Pilles , de Fortia , de Saint- Canard , de La Buisse , de La Yieuville ; il y avait encore MM. de Vitri , de Vie , de Nérestan, de Saint-Geran , La Varenne , d'Escures , Érard , et Châtillon, ingénieur (il était question en partie d'affaires de leur métier) , Béthune , mon cousin ; enfin quelques étrangers envoyés , l'tm de la part de Lesdigùières , l'autre du duc de Bouillon ^ et un troisième , nommé Pucharnault , de la part de La Force ; mon cabinet en était presque plein. Je n'avais pu dresser le mémoire en question. La raison que j'en apportai à sa majesté , qui , d'abord me la demanda i, fut qu'une dépêche que je venais

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