‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 116 sur 195 · LIVRE VINGT-SIXIEME. a8i · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SIXIEME. a8i

^ussi fait mention , portant que M. le prince avait obtenu des lettres du roi d'Angleterre pour les états des Pays-Bas.

Tous ces avis , qu'on priait sa majesté de tenir fort secrets, ne purent lui faire croire M. le prince capable d'une si grande &ute. Henri fit un voyage , au commencement de mai , à Paris , d'où il retourna au bout de quelques jours à Fontainebleau 9 et M. le prince l'y suivit. Il est vrai que par les discours qu'il y tint publiquement on aurait pu croire qu'il n'y allait que pour braver sa majesté. <c Mon ami , m'écrivait Henri le 1 2 juin|, a M. le prince est ici qui fait le diable. Vous se- 8 riez en colère , et auriez honte des choses qu'il tt dit de moi : enfin la patience m'échappera, et je « me résous de bien parler à lui. » Pour le punir, le roi m'ordonnait de suspendre le paiement du quartier d'avril de sa pension , et d'éconduire son pourvoyeur et tous ses créanciers , qui , sachant les libéralités que sa majesté avait faites à ce prince à l'occasion de son mariage , s'adresseraient à moi, comme à celui qui en était le dispensateur. <K Si l'on ne le retient pas par ce moyen-là , « reprenait sa majesté , il en faudra prendre quelc que autre , car il est honteux d'ouïr ce qu'il dit. « Nous en aviserons ensemble lorsque vous serez a auprès de moi ' . »

' Voici comment en parlent les Mémoires pour V histoire de

aSa MÉMOIRES DE StJLLY.

M. le prince me choisit pour me £Bdre part de son mécontentement : en quelle qualité ? c'est ce qu'il ne me serait pas facile de dire, parce que , si

j'ai pu me flatter que mes conseib ne lui étaient pas indifFérens , j'ai du soupçonner d'un autre côté qu'il cherchait dans les assurances d'attachement qu'on fait à une personne de son rang , lors même qu'en lui parlant on a la hardiesse de ne pas l'approuver , un prét€âi|;e pour avancer dans la suite avec quelque vraisemblance que je ne m'étais point opposé au dessein qu'il avait de sortir du royaume. Cela m'oblige à rendre compte

France : « Le roi, éperdument amoureux de la princesse de « Condé, met tout le monde en besogne, jusqu'à la mère du «r mari. Le prince s'en plaint, et demande congé à sa majesté « de se retirer avec sa femme en l'une de ses mabaïas. Le roi « le li|i refuse rudement, et en vient aux injures et menaces. « On dit que le prince y a répliqué hautement» et a mêlé eu « ses propos le mot de tyrannie; et que le roi, en relevant ce t mot, lui a répondu : Je n'ai fait en ma vie acte de tyran que « quand je vous ai fait reconnaître pour ce que vous n'étiea « point. Le premier a dit poui)les à sa mère, qui servait d'ins* « trument pour corrompre la pudicité de sa femme...^ Oo (( disait que la marquise de Verneuil, qui parle ordÎQwement <( au roi, non comme à son maître, mais comme elle ferait à 'c son valet, lui avait dit, bouffonnant sur ce propos : N'étes- « vous pas bien méchant de vouloir coucher avec la femme « de votre fils! car vous savez bien que vous m'avez dit qull tt l'était. »

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