LIVRE VIlTGT-SIXrèME
cesse à s'abandonner à eux du soin de sa conduite : de là tous ces complots où , sans qu'elle le sut , on osait se servir de son nom ; de là les motifs de mille nouvelles inatances pour ne pas différer plus long^temps la cérémonie du couronnement dont il a été parlé.
Il ne se pa^sa pas quatre jours depuis celui où je m'entretenais ainsi avec le roi jusqu'à celui de l'évasion de M. le prince. Le 39 août ' à onze
' Le dernier de novembre (et non pas le 29 août, ce qui est une faute de date dans nos mémoires), « M. le prince, dit le « marédial de Bassompierre, partit de la cour pour s'en aller « à Muret y doù il repartit avec Rochefort et Touret , et un «( valet de chambre qui portait en croupe madame la princesse « sa femme, mademoiselle du Certeau, et une femme de cham- <i bre, nommée Philip pette, et s'en alla à Landrecy. Le roi < jouait en son petit cabinet quand d'Ëlben premièrement, «( puia le chevalier du Guet, lui en portèrent la nouvelle. J'é- « tais le plus proche de lui. Il me dit tout bas à l'oreille : Bas- « sompierre, mon ami, je suis perdu, cet homme mène sa « femme dans un bois; je ne sais si c'est pour la tuer, ou la « mener hor» de France. Prends* garde à mon argent, et en- « treliens Iç jeu pendant |]ue je vais savoir de plus particu-
« Hères nouvelles Chacun se retira du jeu^ et je pris l'oc-
« casion de rapporter au roi son argent , qu'il avait laissé sur « la table^ J'entrai ou il était, et ne vis jamais un homm^ si « éperdu ni si transporté. » Bassompierre raconte ensuite tout ce qui se passa dans la chambre de la reine, et le conseil que donna Sully au roi, de la m^e manière que le rapportent nos mémoires. Henri lY donna sur cet enlèvement de la princesse de Condé de si fortes marques de douleur et de désespoir, que quelques écrivains mal instruits, tels que l'auteur
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heures du. soir, comme je venais de me coucher, je vis entrer Praslin dans ma chambre , qui me dit que le roi me demandait, et que je vinsse tout à rheiu*e. a Hé ! mon cousin , que pense faire a le roi? » lui répondis-je, dans le premier mouvement, et sans lui donner le temps de s'expUquer. ce Pardieu ! il me ùit mourir à force de me ce tourmenter; je ne saurais vivre et ne dormir « point. » Il faut , poursuivis-je avec impatience , et croyant que ce voyage était un de ceux dont je pouvais me dispenser par de bonnes raisons, « il faut que je me lève demain à trois heures du <c matin pour voir des lettres et des états que j'ai a reçus , et y faire réponse. Il me faut faire des « agenda de tout ce que je dois faire dans la jour- <c née, de ce qui se doit faire au conseil, de ce « que je dois dire au roi , et de ce que mes comte mis, mes secrétaires, et tous ceux qui sont sous « mes charges doivent faire aussi : jugez si j'ai (( du temps à perdre, et si, m'en allant à cette heure « au Louvre, d'où je ne saurais revenir, quelque « diligence que je fasse , qu'il ne soit deux ou trois « heures après minuit, je me puis acquitter de
de rhistoire de la mère et du fils , ont avancé que la guerre qu'il allait porter en Flandre, lorsqu'il fut assassiné, avait en partie pour objet de contraindre l'archidué à lui i^emettre cette princesse entre les mains. Voyez aussi Mézerai et autres historiens.