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« quelques jours pour faire savoir mon intention. a Je vous avais bien dit, Sire, repris-je, que , ne « m'ayant pas. donné assez de temps pour y pen- « ser, je ne dirais rien qui vaille. Il me vient une « autre idée dans l'esprit qui ne nuira point à ce a que vous voulez faire ; mais je ne puis vous la « dire que dans deux jours , et je suis assuré que « vous en serez plus content que de ma première « proposition. » Sa majesté y consentit , et me dit en m'embrassant : « Allez vous coucher et dormez «jusqu'à huit heures, car j'aime mieux que le « conseil ne se. tienne point demain, et que mes « affaires ordinaires demeurent pour ce jour-là ^ a que d'incommoder votre santé. »
Je ne me trompais point lorsque je croyais que l'autre ouverture que j'avais à faire à sa majesté
ne faire que passer dans ses états, sans s'y arrêter, quoiqu'il lui eût auparavant promis de le recevoir ; mais qu'ensuite il changea encore de résolution par les conseils du marquis Spinola , et qu'il traita ce prince avec toutes sortes d'honneurs. Mémoires de Bassompierre, t. i^ p. a8.
Le P. Daniel, dans son histoire de France in-4^> tom. lo, pag. 437, a tiré sur cet incident des éclaircissemens de lettres de la bibliothèque de l'abbé d'Ëstrées, par lesquelles il est prouvé que Henri lY envoya secrètement le marquis de Cœuvres à Bruxelles , pour tâcher d'enlever la princesse de Condé^ et que ce dessein n'échoua que parce que , Henri l'ayant découvert à la reine, cette princesse dépêcha aussitôt un courrier au marquis Spinola, qui fit prendre à la princesse de Condé un appartement dans le palais^
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au sujet de la retraite de M. le prince en Flandre serait plus de son goût. Elle vint trois jours après à l'Arsenal me la demander. Nous fûmes enfermés une heure dans mon cabinet ; mais je ne dois rien révéler de ce qui s'y passa entre nous. Le roi dit tout haut en sortant : « Adieu , «c mon ami , ne venez point , achevez mes afa faires , et surtout travaillez à l'exécution de fit l'ouverture que vous m'avez faite , car je la a trouve bien meiUeure que le conseil que vous <t me donnâtes dans la chambre de ma femme > « au Louvre. »
M. le prince crut devoir chercher à justifier son action en écrivant qudques jours après une lettre ' au roL II en adressa en même temps une
* « Ledit prince écrivit au roi qu'à grand regret il était sorti « de la cour , pour sauver sa vie et son honneur, et non à in- « tention de lui être jamais autre -que son très-t^unible parent, « êdèle sujet et serviteur. Je ne ferai jamais rien , ajoutait-il , «( «contre le service de votre majesté, si je n'y suis forcé; et je « la prie de ne trouver mauvais, si je reâise de voir ou rece- « voir de^qm que ce soit les lettres qfu'on m'écrirait de la coar , « bormis celles doat il vous plaira de mlioRorer. » [Mémoires pour X histoire de FrâUîee, année 1610.) Ski, qui traite fort au long l'affaire de l'évâstoB du prince, Mém. reoond.^, a , p. 8a et suivanAes, joint plusieurs entres particularités à celles qu'on voit rapportées ici, mais dont la plus grande partie ne me paraissent pas vesbciSbex qu'on y ajoute beaucoup de ÙÀ y cmnne lorsqu'il Avanœ kardimeet sur des bnnts populaires, que le seul motif qui porta fienri IV àeiitrepvendre la guerp&
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seconde à M. cfe Thou , beaucoup plus ample et plus réfléchie, dans laquelle, entre autres choses, il lui insinuait que j'étais la cause de sa sortie de France. « Qu'il accuse sa malice , disait le roi , et « celle de beaucoup d'autres qui l'ont conseillé , a et non pas vous. Je veux que vous lui répon^ « diez par une bonne lettre , où vous lui représen*- « tiez tout ce qui s'est passé , et qu'avec le res- « pect dû à sa qualité , non à sa personne, vous « lui disiez toutes ses vérités , et à quelle misère tt U s'expose infailliblement, s'il ne rentre dans <c son devoir. Je m'en vais donc chez moi , Sire , « lui r^pondis-je ( car nous étions alors chez M. le
contre les Espagnols fut de les obliger à lui l'envoyer la prineesse deCoadé; et qu^, voyaat que, malgré ses menaces, ils persistai^t k la lui refuser, il se repeptil d'avoir poussé les choses si ^vant. Jl ajoute, contre l'honneur 4^ cette princesse, quelle était de moitié dans cette intrigue contre son mari, qu'elle n'aimait point, à cause d'une infirmité naturelle ou procurée , qui suffît pour repdre un marine nul ; qu'elle brûlait 4'^nvie de retourner en Frauoe; qu'elle conrtinua h recevoir à Bruxelles des lettres galantes de Henri lY, et que le prince de Condé connut si bien les dispositions de sa femme à son égard, qu'il en fit éclater son ressentiment, et qu'il parla publiquement à son retoi9* de faire casser son moriage. Ce que Siri dit de pli^s w^» c'?st q]ws lie rpi résista opiniâtrement à tous les sages conseil^ que lui donnèrent en cette occasion le nonce , quelques-juns de ses conseillers, et surtout le duc de Sully, qu'il loue aussi de la manière ferme et libre dont il papl^ et écrivit au priuc^ de Coodié.
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a connétable), pour en faire un projet, et vous « l'apporter. Non , non , reprit sa majesté, je veux « que vous écriviez ici présentement ; je vous fe- « rai donner de l'encre et du papier. Mais, Sire, ce répliquai-je, cette lettre, est de conséquence , « elle mérite bien qu'on y pense et qu'on examine « attentivement avant que de l'envoyer : car, d'un <c côté , il faut qu'elle vous satisfasse ; d'un autre, « qu'elle soit convenable à la qualité de M. le « prince et à la mienne , et que personne , soit en « France, soit dans les pays étrangers, ni lui- « même , que vous voyez bien ne chercher que ce les occasions de m'accuser et de me blâmer , ne ce puisse y trouver sujet de le faire. Je n'ai pas ce assez de ressource dans l'esprit pour faire si bien ce avec tant de précipitation. » J'eus beau dire , je fus obligé d'écrire cette réponse à l'heure même , en présence de sa majesté, et sur un bout de la table près de laquelle nous étions assis. Le roi ne laissa pas d'être fort content de la manière
dont je m'expliquais avec le prince; la voici en
gros : '
Je me plaignais d'abord à ce prince, de. ce qu'après avoir cru qu'il me considérait assez pour n'avoir eu d'autre intention , en venant chez moi, que de me demander mon conseil , il me forçait aujourd'hui à le soupçonner de n'y être venu que pour me surprendre; qu'au reste il savait mieux