LIVRE VINGT-SIXliME. 3oi
tenu une assemblée de protestons à Marseille pour obliger le roi à accorder la convocation des états du royaume? Duplessis était celui sur lequel on faisait rouler ces complots , tous absolument fiaux , si l'on excepte les murmures contre la gabelle dans le Mirebalais et le Loudunois, dans lesquels encore il n'y avait qu'un très-petit nombre de protestans qui trempassent. Quant à Duplessis , ce fut lui-même qui en donna le premier avis à sa majesté, .et je me crus obligé, tout mon ennemi qu'il s'était montré jusqu'alors , de rendre témoignage à son innocence , lorsque je persuadai au roi , qui me pressait de faire un voyage en Poitou pour réprimer cçs prétendus desseins des réformés , que les véritables ennemis de sa majesté cherchaient à se cacher en donnant ce nom à des personnes qui ne le méritaient point. Duplessis me remercia par une longue lettre , qui contient une justification en forme contre tous ces chefs d'accusation.
L avis suivant , qui me Ait donné par un gentilhomme d'honneur, paraît mieux circonstancié, et plus digne qu'on y fasse attention. Dans une des nies de la Flèche , nommée des Quatre^Vents , et proche rhôtellerie où pend une enseigne de mène nom , demeurait depuis quelques mois un nommé Médor , natif d'Avranches, chez une veuve appelée Jeanne Huberson , qui logeait des écoliers
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de bonne maison , dont ce Médor avait la conduite. Une nièce de cette veuve, âgée d'environ vingt-six ans, nommée Rachel Renaud, qui demeurait avec sa tante et un cousin aussi nommé Huberson, entrant un jour dans l'étude de Médor, y trouva un livre qui attira sa curiosité; il était doré partout, relié très*proprement , avec des rubans bleu et incarnat , et épais d'un pied. L'ajant ouvert, elle vit que ce livre, écrit seulement jusqu'à la moitié, l'était moitié encre, moitié smg, et qu'il était plein de signatures , presque toutes de sang, parmi lesquelles sa surprise ne l'empêcha pas de distinguer et de reconnaître celle de Médor , d'un nommé du Noyer , d'un village aux environs de Paris , près de Yilleroi , et d'un nommé du Gros , d'auprès de Billon en Auvergne , qui avait jadis appartenu au duc de Mercœur. Elle connaissait ces deux hommes, parce qu'ils venaient souvent voir son hôte.
En sortant du cabinet pour porter ce livre à sa tante , elle rencontra Médor qui le lui arracha des mains, en lui demandant avec colère ce qu'elle en voulait fisiire : à quoi elle répondit ingénument qu'elle l'avait trouvé si joli , qu'elle avait voulu le faire voir à sa tante. Elle lui demanda ce que signifiaient ces signatures de sang qu'elle y avait vues. Médor craignit qu'elle n'eût porté la curiosité jusqu^à y chercher Técrit , à la suite