‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 132 sur 195 · LIVRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SEPTIÈME

qu'on verrait n'être pas parti de France exprès pour ce ministère , ne serait pas aussi bien reçu qu'un ancien cardinal qu'elle ferait partir de Rome. £lle jeta donc les yeux sur le cardinal Delphin y auquel elle fit donner deux mille écus pour les frais de son voyage , car cette éminence n'était pas riche. Conchini avait brigué cet honneur , et l'a-* vait obtenu par le moyen de la reine avant qu'on eut £siit toutes ces réflexions. Il n'aurait certainement pas £adt ce voyage à si peu de frais : aussi Henri se réjouissait -il doublement qu'il eût été rompu , par le motif de sa baine pour cet homme y et par celui de son économie.

Au reste, les raisons d'alliance n'avaient peutêtre pas plus de part dans toutes ces complaisances du roi pour le duc de Florence que la politique et l'intérêt de ses grands desseins , qui ne lui permettaient pas Ae maltraiter , ou même de négliger le plus petit prince. L'assignation des cent mille livres au chevalier Guidi fut rétablie. Henri se contenta d'exiger de cet Italien que dans les quittances qu'il tirerait du grand-duc il serait fait déduction des sommes assez considérables que sa majesté avait avancées pour don Joân de Médi^ cis. Avec cet argent , G uidi remporta à Florence une chaîne d'or de cinq ou six cents écus , dont je lui fis présent de la part de sa majesté. Henri faisait d'ailleurs cas de cet Italien ; et , soit qu'après

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cela il restât p^r-delà les monts , ou queson maître le renvoyât en France , le noi ne regardait point comme quelque doiose d'indifférent de se l'attacher.

De Jlefuge continuait sa fonction d'agent de Franoe auprès )des Suisses et des Grisons , avec si peu de ponctualité, que je crus devoir lui en tiare faire des reproches par YiHeroL U n'osa peut--étre me répondre à moi-même; il s'excusa à Yilleroi de sa négligence à envoyer des états de distribution de deniers, qui était le premier grief que j'avais contre lui , en disant que j'avais dû recevoir ces états de la main des commis qui avaient fait les deux précédentes distributions , outre ceux qui devaient m'étre fournis plus en détail par les trésoriers des ligues 9 et que je recevrais sans doute d^ même ceux de la prochaine distribution. Sur Vwtàid^ du rachat des d^tes , qui était mon second gcief 9 sans rmi articuler , il répondit à ViU^^oi 9 qu'il en avait aquîtté différentes fois ; et sur tout le resie des reproches qui lui étaient &its il n'apportait rien de plus précis ni de plus satisfaisant.

Je lui écrivis moi-même après que Yilleroi m'eut montré sa lettre , comme je crus que ma plai^ me mettait en état et même dans l'obligation de le faire , que je n'avais point reçu les quatre états des commis dont il avait fait mention à Yilleroi; que, quand cela serait, de pareils états en

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