‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 133 sur 195 · LIVRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SEPTIÈME

gros ne suffisaient point, mais que, comme les ordonnances de paiement partaiait uniquement de lui, c'é^t aussi à lui à dresser des états où tous les deniers de différ^ite nature se trouvassent spécifiés , séparés et certifiés de lui ; que c'était même à lui à me répondre de l'exactitude des ti^ri^rs, et à m'informer a'ik n'employwent point de non^valeurs dans leurs états ; que c'était ainsi qu'en avait usé Gaumartin , son prédécesseur; qu'outre qu'il ne manquait jamsus d'envoyer de quartier en quartier les états, de recette dressés par les trésoriers des ligues, avec celui de la distribution qu'il avait faite, distinguée par chapitre, il proposait sans cesse de nouveaux moyens d'acquitter les dettes et de ménager les deniers de sa majesté; que, son emploi se réduisant presque uniquement à la finance , et demandant par ûonséqui^it une exacte correspondance avec le surintendant, il était impossible de l'excuser sur le silence qu'il affectait avec moi ; que ses* excuses n'élûent pas meilleures, de ce qu'on ne voyait aucune dette acquittée p^idant sa gestion , la chose qe lui devapt pas être plus difficile qu'elle ne l'a-

vait été avec odui qu'il avait remplacé ; que je le priais donc de me satis&ire au plus tôt , non par de longs discours , ni de mauvaises justifications , qui^ en matière d'argent, ne doivent point être reçues, mais par de bons effets et de véritables

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pièces justificatives; qu'autrement je ne pourrais nie dispenser de le représenter à sa majesté comme indigne de la charge qu'elle lui avait confiée.

On donna l'idée au grand-seigneur d'avoir uu résident à Marseille, pour l'adresse et la commodité des Grenadins qui passaient par cette ville. Le grand- visir en parla, par son ordre, à notre ambassadeur , et ccmsulta, sur cet établissement , l'aga du Kaire , nommé Agi Ibrahim-Mustapha , homme qui avait acquis en assez peu de temps beaucoup d'autorité et de dignités à la Porte , et qui lui parla de moi comme du seul homme à la cour auquel il devait s'adresser. . L'aga Mustapha fut chargé de demander au roi cette grâce au nom du sultan Achmet, par une lettre à laquelle en était jointe une de Salignac pour moi ; et l'une et l'autre furent apportées par un Grenadin , que le grand-visir destinait à cet emploi. Salignac , en me donnant avis dé tout ce qui s'était passé à la Porte à ce sujet, me mandait que le grand-seigneur se tiendrait fort obligé au roi d'une grâce qui n'était d'ailleurs sujette à aucun inconvénient, et qu'on ne pouvait mieux faire que d'accorder la place au porteur, dont la probité et le bon esprit lui étaient connus , et qui avait déjà demeuré cidevant à Marseille.

De tout ce qui se passa cette année en Europe, il n'y eut rien de plus remarquable ni de plus in-

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