LIVRE VINGT-SEPTIÈME
acheta le droit du second, plus proche d'un degré que lui , soit par la tsiveur que lui prêtèrent Fempereur Charles lY et les états du pays.
Le duché de Clèves ayant ainsi passé dans la maison de La Marck , ceux de Juliers et de Bergh s'y trouvèrent ensuite rejoints dans la personne d'un Jean , duc de Clèves, comte de La Marck , qui épousa, en 14969 Marie, fille de Guillaume, duc de Juliers et de Bergh* I^ duché de Gueldre en était alors démemhré, parce qu'Arnold d'Ëgmont, qui le possédait du chef de sa mère , Marie d'£rkel, fille de N.... d'Ërkel, et de Jeanne de Juliers et de Gueldre, r^vnit vendu en 147^ à Charles de Bourgogne, dont la fille le porta dans la maison d'Autriche. Cette disposition fut en vain contestée par un Guillaume de Juliers, auquel Charles d'Ëgmont, petit-fils d'Arnold, le laissa par testamenL La mai3on d' Autriche se maintint par les armes en possession du duché de Gueldre. Cette coutume de fiefs féminins, reçue dans tous ces cantons , sert bien, pour le dire en passant, l'opinion de ceu3^ qui croient que les dix*sept provinces des Pays-Bas , portées dans la maison d'Autriche par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien , ne sont pareillement qu'autant de fiefs féminins.
L'empereur ne convenait point que Clèves, Juliers, Bergh, La Mark, Ravensperg et Raves*
33l4 MÉMOIRES DE SULLY.
tein , dont le duc Guillaume venait de mourir revêtu , fussent des fiefs féminins; au contraire, so» droit prétendu sur ces fiefs ne portait que sur des preuves qu'il disait avoir qu'ils sont tous fiefs masculins. Cette contestation n'était pas un point absolument nouveau. L'opposition qui se trouvait entre les dispositions de différens seigneurs de ce petit état, acceptées en différens temps par leurs sujets , et les déclarations de quelques empereurs sur cette matière , en fsdsaient une question agitée depuis long-temps , et dont l'entière décision avait été réservée de part et d'autre au temps de la mort du dernier mâle de cette maison , qui venait enfin d'arriver. Pour voir plus clair dans ce point de droit, il est besoin de fouiller dans les archives de cette principauté. Nous verrons par même moyen l'état de la famille du dernier duc, ce qui achèvera de faire connaître comment était vrai ce que disait Henri, que la succession du duc de Clèves était celle de presque toute l'Allemagne.
Les argumens dont lés princes intéressés dans cette affaire se servaient contre l'empereur se tirent d'un grand nombre de pièces testimoniales et matrimoniales , et autres écrits , soit particuliers , soit publics , revêtus d'une acceptation authentique des états du pays. Voici les principales. Une ordonnance d'Adolpbç , premier duc de Clèves, comte de La Mark, etc., en i4iSj ^^^^^