‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 136 sur 195 · LIVRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SEPTIÈME

dans toutes ses villes, qui donne la principauté au fils aîné du duc , seul et sans partage avec ses frères, et, au défaut du fils, à la fille aînée, les autres sœurs aussi exclues. Pareille ordonnance de Guillaume , duc de Juliers et de Bergh , comte de Ravensperg, et dç Jean, duc de Clèves, comte de La Mark, en 1496 9 à Foccasion de l'union de leurs états , par le mariage de Marie , fille unique du premier de ces princes, avec Jean, fils du second. Autre ordonnance des mêmes Jean de Clèves et Marie de Juliers, lorsque ensuite ils marièrent, en iSaô, Sybile, leur fille aînée, à Jean-Frédéric, comte , puis électeur de Saxe ; disposition à laquelle souscrivit , en 1 54^ , Guillamne lui-même , fils de Jean et de Marie ^ L'an iSya, Guillaume^ duc de Juliers , de Clèves , etc. , celui qui venait de mourir, fait épouser Marie-Éléonore , l'aînée de ses fiUes, à Albert-Frédéric de Brandebourg, duc de Prusse, et il lui réserve en la même forme sa succession entière, la branche masculine venant k s'éteindre dans sa famille. Deux ans après, Anne, sœur de Marie Éléonore, épouse à Neubourg le duc Philippe-Louis, comte Palatin , avec semblable substitution aux droits de sa sœur aînée ; le contrat passé à Deux-Ponts, et signé par le comte Louis, depuis électeur Palatin , par le landgrave de Hesse, Guillaume , et par le duc Jean , comte Palatin ; le

' 11 mourut en iSga.

334 MÉMOIRES DE SULLT.

même contrat ratifié une seconde fois, en 1575, par le même prince Guillaume , lorsque le duc de Clèves j sur la plainte de son gendre, le duc Philippe-Louis, que la somme de deux cent mille florins, qui était la dot des cadettes, était une récompense trop petite de sa renonciation à une pareille succession , se porta à l'augmenter de cent mille pour chacune d'elles. A cette condition, Anne de Juliers fait dans la même année un acte solennel de renonciation. Le duc Jean, comte Palatin de Deux-Ponts , épouse quatre ans après la troisième des filles de Guillaume de Juliers, nommée Magdeleine , et il fait les mêmes renonciations que le duc Philippe-Louis , son frère aîné , en faveur de l'aînée des trois sœurs. Louis, électeur Palatin; Guillaume, landgrave de Hesse; Philippe- Louis , comte Palatin de Neubourg , y interviennent encore : c'était la quatrième renonciation du duc de Neubourg. Enfin la quatrième de ces princesses, Sibyle, épouse Charles d'Autriche, marquis de Burgaw; et l'on peut bien croire que le prince leur frère (car le duc de Juliers avait alors un fils nommé Jean-Guillaume ) n'oublia pas de requérir du prince autrichien la même renonciation qu'avaient faite ses autres* beaux-frères. Cependant, comme ce jeune prince était fort infirme, et il mourut en effet peu de temps après, avant son père, que l'argent de la dot n'était point prêt,

Page 1