LIVRE VmCTVSEPTlÈME
que le gouvernement se conduisait pftr de^ impressions étrangères, la mort de Guillaume de Clèves ' arriva sans que le quatrième de ses gendres 6Ùt renoncé comme les autres. Tels étaient les droits des quatre princes , parties de l'empereur : le duc dé Brandebourg et Prusse , le comte Palatin de Neubourg, le comte Palatin de Deux-Ponts, et le marquis de Burgaw.
L'empereur alléguait en sa faveur les exemples suivans. L*an 1 483 , l'empereur Frédéric III donna , de sa propre volonté, à Albert, duc de Saxe, pour récompense des services qu'il en avait reçus, les duchés de Julîers et de Bergh, lorsque, par la mort du duc Guillaume^ il crut qu'ils étaient dévolus à Fempire. AlàximiUen I ^ fils de Frédéric , ratifia cette donation ^a i486, et retendit k la personne d'Ernest, ékcteur de Saxe , frère d'Albert; il la confirma deretihef en 1 49^ , parce que les princes de Saxe lui étaient alors nécessaires ; mais en l'an i5o8, que cette considération ne subsistait plus, cet empereur laissa Guillaume de Julîers le maître de disposer de son bien en faveur de Marie , ou de telle autre de ses filles qu'il lui plairait. Guillaume étant mort en l'an î5i i , l'électeur de Saxe voulut se prévaloir de la donation de l'empereur pour ôter Juliers au duc de Clèves , qui en avait épousé l'héritière; mais, lorsqu'il chercha à mettre
' Il mourut âgé de quarante-sept ans.
Maximilien dans son parti, cet empereur, qui craignait,. sur toutes choses, de jeter le duc de Clèves jentre les bras de la France, refusa de s'en mêler, exhorta Félecteur à la patience, et ne lui donna que des assurances générales qu'il n'y perdrait rien. Bien plus , lorsque Jean - Frédéric , électeur de Saxe, épousa, en i6a6, Sybile, fille de Jean , duc de Clèves et de Juliers , l'empereur Charles-Quint confirma formellement le droit de cette princesse : il se fit même une application de cette règle lorsqu'il eut vaincu en i5^6 le duc Guillaume de Juliers , et qu'il se fut racconunodé avec lui, moyennant que ce duc épousât Marie d'Autriche, fille de Ferdinand, roi des Romains et de Hongrie; car Charles consentit qu'il fut employé dans le contrat de mariage de cette princesse, qui était sa nièce; qu'au défaut d'enfans mâles, les filles qu'elle aurait succéderaient aux duchés de Juliers , etc. , ce que MaximiUen II accepta après lui, en i566. Il est vrai que l'empereur régnant, fortenient sollicité en 1602, par le duc de Neubourg, de confirmer cette constitution de ses prédécesseurs , le refusa oonstamment ; il lui accorda seulement acte de son refus , avec déclaration qu'il ne prétendait préjudicier au droit de personne.
Je crois qu'après cela le lecteur perce aisément la vérité sur la supposition contradictoire des