‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 138 sur 195 · LIVRE VINGT'SEPTIÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT'SEPTIÈHE

deux parts de iSefs féminins el masculins. Ce qu'on ne peut méconnaître ici , c'est une différence entre les preuves des uns et des autres , qui forme un préjugé aussi heureux en Êiveur des héritiers qu'eUe est peu favorable aux Autrichiens. Ceux-là s appuient sur une suite de réglemens qu'on voit unanimement et uniformément reçus ; ceux*ci ne rapportent qi|B des titres de pure autorité , qui ne font pas honneur au conseil auliqué , et d'ailleurs si suspects par leurs variations, et même par leurs contradictions, qu'à peine peuvent-ils seulement servir à fonder un droit.

Quoi qu'il en soit , le duc Guillaume n'eut pas plus tôt les yeux fermés , que chacune des parties songea sérieusésment à se mettre en état de n'être pas obligée de céder. L'empereur Rodolphe donna l'investiture de Clèves et de Juliers à l'archiduc Léopold d'Autriche , et n'osa pourtant franchir ce pas sans du moins en prévenir 'sa majesté trèschrétienne. Cette démarche fut faite au nom de Léopold , et par un député , qui déclara de bouche au roi que Tarchiduc venait d'entrer dans les états de Clèves , où son intention n'était pas de rien foire qui pût tant soit peu préjudicier aux intérêts de sa majesté , ni même de traiter à la rigueur les princes ses contendans; qu'il sera content , pourvu qu'ils se portent à rendre dans cette occasion à sa majesté impériale ce qu'ils lui doi- V. aa

vent; et qu'il le prie de ne point entrer dans une discussion qui lui est purement personnelle avec eux.

Henri ne répondit à ce député qu'en paroles très-générales. Il était bien surpris de n'entendre point parler. pendant tout ce temps* là des autres princes qui devaient être les premiers à s'adresser à lui. Il ne Tétait pas moins de ce que. lui mandait Hottoman , qu'aucun d'eux ne songeait à lev^* des troupes, comme s'ils avaient pu espérer de rien obtenir autrement que par la voie des armes ; mais ils ne tardèrent pas à voir que c'était le seul parti qu'ils eussent à prendre : et s'il est vrai que sa majesté, en leur faisant ftiire quelque espèce de re* proche de leur silence, fit les premiers pas, ils y répdddipeot si bien , qu'après avoir appelé à leur conseil Boissise , Bongars et les autres agens du roi , ils nommèrent tin ambassadeur , qui vint de leur part supplier sa majesté de les soutenir contrée l'archiduc, ou plutôt contre l'empereur. Cet ambas^deur eut tout lie^ d'être content. Mais, avanV que de donner la stiite des> faits , faisons quel€(Ues réflexions sur le véritable intérêt politique de la France dgns cet incident.

Clèves , Julîers , Bergh , La Mark , Ravehsperg et Bavestein, ces six cantons, ou petites provinces, non-seulement ne sauraient être appelées un objet indifB^rént pour la Pi^ancë^, mais encore elles l'ki-

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