LIVRE VINGT-SEPTIÈME. SSq
téressent d'une façon jkrtieulière par plusieurs endroits, dont celui de leur force et de leur richesse n'est que le moindre. Cet qtat est l'une de DOS frontières ; ceux qui se le disputennt , nos voisins proches et voisins redoutables, du moins 1 empereur : c'en est assez pour ne le pas laisser tomber en toutes sortes de mains. La guerre qui s'allumera par sa possession peut étee une guerre de toute l'Europe , et devenir par conséquent la nôtre malgré nous ; die le sera indubitablement , n'y eût-il que le seul intérêt des Provinces^Unies , sur la liberté ou servitude ' desquelles elle influe de toute nécessité ; relation si visible , que donner les pays contestés à nos amis , c'est presque ôter la Flandre à nos ennemis ; et les laisser envahir à la maison d'Autriche , c'est conséquemment leur laisser en proie les Provinces-Unies : car j'appelle de ce nom la nécessité où celles-ci se trou-» veraient réduites, n'ayant presque plus que des ennemis pour voisins , de fléchir sous eux par d'éternels sacrifices, qui entraîneraient à la fin leur ruine. La preuve de cette vérité se tire de ce que les États ne se sont jamais sentis pl-us incommodés que lorsque les ducs de Clèves fevorisaient seulement en secret le parti, e^agnol. Ë^t-il sensé de laisser détruire, sur le point de sa consommation, un ouvrage si utile, çt qui a tant coûté, ajoutons de bonne foi ^ et qui , malgré tous nos
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efforts , a été ébranlé par le dernier traité entre l'Espagne et la Flandre ?
Si de cet objet nous passons à celui des grands desseins de sa majesté très-chrétienne sur toute l'Europe , quel meilleur moyen d'y faire entrer des potentats auxquels on n'aurait peut-^tre jamais pu les £aiire goûter autrement ? Ceci peut dono nous conduire à nous assurer toute l'Allemagne , à rétablir la dignité et la liberté du corps germanique, à porter le coup mortel à l'autorité impériale , et la consternation dans toute la msdson autrichienne; et ce bien que la France achèterait ^ pour son seul intérêt , de tous ses trésors , nous en jouirions sans soupçon et sans envie , comme l'effet d'une générosité toute gratuite divers les princes persécutés.
Ces princes, dira-t-on, se sont montrés jusqu'à présent bien éloignés de prendre ces^ sentimens, à en juger par la répugnance qu'on leur voit à nous rien devoir, lors même qu'ils conviennent ne pouvoir rien faire que par nous. Mais qu'arrive- t-il ici, après tout, qui ne soit comme indubitable dans l'abord d'une afEsiire difiBcile, compli${uée , et roulant sur plusieurs têtes différentes? On n'est occupé dans ces commencemens qu'à balancer son intérêt avec ses facultés. Lorsqu'on a connu ce qu'il fjaut faire , on ne convient pas encore pour cela de la maniéré d6nt il &ut