‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 142 sur 195 · LIVRE VIWGT-SEPTiiME · texte numérisé non relu

LIVRE VIWGT-SEPTiiME

gne, en faisant la paix avec ses propres sujets, et une. paix par laquelle , quoiqu'aux abois, ils ne sont relâchés sur rien , a donné une preuve de fai* blesse et d'épuisement qui la soumet aux lois d'une neutralité forcée; que l'empereur n'est pas plus en état de rien disputer avec nous; lui destitué des secours d'une partie de FAllemagne , nous plus en moyens d'agir que nous n'ayons été de long» temps ; qu'enfin il ne doit presqu'en coûter à la France que de dire qu'dile le veut. La suite a justifié tout cela clairement.

C'est donc proprement une affaire de rien que l'entreprise présente , bornée au seul objet de Clèves ; et ceux qui parlent autrement ne le font sans dcHite que parce qu'ils conviennent secrètement qu'en bonne politique , elle serait l'introduction à une autre beaucoup plus éclatante, plus étendue; en un mot , aux grands desseins que l'Europe entière remarque dans sa majesté pour l'abaissement de la maison d'Autriche. Je suis de si bonne foi, que je conviens d'abord qu'en effet il n'en £aut pas faire à deux fois ; que j'ai toujours donné ce conseil au roi mon maître, et que ce . prince ne pensait pas différemment. Je n'en convaincrai que ceux qui examineront la chose avec moi sans passion ni préjugé; mais, pour ceux-là, je m'en tiens sûr , parce qu'on en revient là nécessairement de toutes les réflexions qu'on fait sur

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les différentes manières de procéder dans c^te affaire. Je vais les mettre ici sous les yeux , telles à peu près que je les ai faites dans le temps qu'îles m'occupaient le plus fortement..

Un premier avis, et c'est le plus insoutenable, est de regarder les bras croisés les parties intéressées débattre leur droit par la voie des armes, et d'assister nos amis tout au plus de nos conseils. Comme il est contraire à toutes les règles de la prudence de se tenir désarmé devant les personnes qui se battent, il eût fallu, de toute nécessité, tenir un corps de troupes sur la frontière , ne futce que pour être prêt à tout changement , qui de moment à autre pouvait arriver. Nous ne gagnons donc rien dans ce parti, du côté de la dépense, que d'être exposés à la faire beaucoup plus longtemps que si , en nous mêlant de l'action , nous l'eussions terminée tout d'un coup.

Je dis la même chose d'un second parti , qui d'abord paraît assez spécieux , qui est d'appuyer les princes contre la maison d'Autridie, non pas ouvertement , mais sous main , conune nous avions fsiit dans la guerre de Flandre , la paix subsistant d'ailleurs entre toutes les autres puissances de l'Europe. Il eût été à craindre que ces secours, cachés et trop faibles, n'eussent pas pu mettre nos alliés en état de résister aux deux branches de la maison d'Autriche réunies contre eux ; ce

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