LIVRE VirrGT-SEPTIÈME
quatre, seuls , Henri prit les deux jeunes gens par la main , et leur dit : « Vous voyez comme j'aime « M. de Sully , et avec quelle franchise j'agis ici « avec lui ; je veux que vous soyez de même en- « «emble , et que vous nous croyiez, afin qu'étant (( vieux, vous nous serviez de bâton de vieillesse : a et ^ous , mon fils , je veux que vous honoriez (( M. de Sully comme moi-même, et que vous le a veniez voir souvent , sans l'importuner néan<> (t moins , afin d'apprendre de lui le métier de la (( guerre , et l'ordre qu'il faut tenir dans les af* <( faires , l'affection qu'il a pour moi me rendant (f sûr qu'il ne vous cachera rien de ce qu'il sait , « non plus qu'à son fils , que je veux que vous « aimiez comme si c'était votre frère. Je vous K commande à tous deux d'oublier tout ce qui « pourrait avoir causé quelque refroidissement « d'amitié entre vous, d
Nous voyions avec joie que chaque jour levait quelque obstacla La proposition d'alliance dont il a été parlé nous réussit parfaitement auprès du duc de Savoie ' ; le roi de Suède s'offrit de
* Voyez le traité fait cette année entre la France et la Savoie , dans les Mémoires de Nevers, t. a, p. 83a; et le traité définitif , passé à Brusol le a 5 avril de l'année suivante, par lequel le roi de France s'engage, entre autres choses, à mettre le duc de Savoie en possession du Milanais : ibid,, p. 880. Ce traité est rapporté , suivant Foriginal italien , dans Vittorio Siri, îôm?., t. a, p. a36. Mais cet écrivain se contredit en ce qu'il con*
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lui-même; et, pour lier plus fortement ses intérêts arvec les nôtres , il fit entendre au roi qu il se tournerait du côté de la France pour chercher une femme au prince son fils, qui, tout jeune qu'il était, secondait courageusement ses résolutions. Les rois d'Angleterre et de Danemarck étaient plus qu'à demi gagnés. Les protestans de Hongrie , Bohême , Moravie , Silésie et Haute- Autriche , poussés par nos agens , et déterminés encore plus fortement par la persécution et les cruautés que les jésuites faisaient exercer conti*e eux aux ministres de l'empereur, venaient de nous donner parole que, sitôt que la guerre serait déclarée , ils feraient une puissante diversion dans ces extrémités de l'Allemagne. On comprit par les lettres de Bongars et par celles du landgrave de Hesse, que l'électeur de Saxe ne se porterait point à prendre parti contre l'empereur; mais, en récompense , l'électeur de Bavière s'engagea à tout, moyennant des assurances qu'il serait choisi pour succéder à l'empereur , et dès actuellement nommé roi des Romains. Les Suisses paraissaient disposés très-favorablement. Rien ne résistait à
vient, t. I y p. 5i2, que ce fut le duc de Sully qui moyeuna cet accord entre la France et la Savoie, et qu'il assure après, p. 566, que, dans les vues du duc de Sully, ce traité ne devsài valoir au duc de Savoie que la seule protection de la France.