LIVRE VmGT-SEPTiÈME
Fappât des conquêtes , dont on prenait soin de flatter tout le monde. Le pape lui-même , qui devait passer pour le plus difficile à gagner , n'y paraissait pas insensible. Lorsque j^eas dit un jour au nonce que je songeais à faire son maître roi , il me remercia de cette parole, comme de la meilleure nouvelle qu*il put jamais , disait-il , apprendre à sa sainteté.
Mais une ressource bien plus sûre, dont nous avions déjà commeiK:é à nous servir , en cas de refus du souverain pontife, comme de tous les autres petits états d'Italie, Florence, Mantoue, Montferrat, Modène, Urbin^ Gênes et Lucques, c'était de faire marcher une armée du côté du Milanais , pour les obliger tous ou à s'unir à nous, ou à contribuer du moins de quelques sommes d'argent à l'armement commun. Lesdiguières avait reçu les commissions pour mettre sur pied un corps de douze mille fantassins et de deux mille chevaux, avec douze pièces d'artillerie; et j'avais mis à part, pour l'entretenir, un fonds de cent mille écus par mois , dont les assignations étaient expédiées et déjà envoyées. Je faisais état que le duc de Savoie , les Vénitiens , les plus^ ardens, comme en effet les plus intéressés dans cette partie du projet , et le pape , supposé qu'on réussit à le faire déclarer, en fourmraient autant à eux trois.
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L'orage devaat commencer à se îona/àr.àA cb^é de l'AUemagne, on levait actuellasieiit pour la grande armée qu'on destinait pour le pays de CièTes, vingt mille hommes d'infanterie, quatre mille de cavalerie , et six mille Suisses. L'équipage dartiUerie n'était pas moindre que de cinquante canons y les charrettes , chevaux , mulets et tout le reste du bagage à proportion , aussi bien en état de servir que bien entretenus. Les levées étant achevées , tout cela commença à d^ler vers Glè^ ves , quoique la guerre ne fut pas encore déclarée. La compagnie de deux cents hommes d'armes , sous le titre de la Reine y dont j'étais capitainelieutenant , eut ordre de se trouver pour le dernier juillet à Mézières , complète et équipée comme elle devait l'être.
Le roi , qui attendait , pour arbcurer l'étendard , que le printemps de l'année suivante eût ramené le temps de se mettre en campagne, voulait éviter tout ce qui pouvait avoir l'air d'agression, jusqu'à dix jours près de celui où il comptait partir. Il jugea même à propos d'écrire une lettre à l'archiduc, par laquelle il lui mandait qu'ayant été prié par les véritables héritiers du duc de. Glèves de les secourir contre quelques particuliers, assistés de plusieuvs puissans princes qui voulaient se saisir de leurs états , il n'avait pu leur refuser son assistance, et que, comme le chemin de ses