‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 152 sur 195 · LIVRE VIN&T^SEPTIÈME. 37 I · texte numérisé non relu

LIVRE VIN&T^SEPTIÈME. 37 I

armées s'adouziait par les pays de sa dépendance, il le priait de trouver bon qu'il y passât comme ami; qu'il n'userait d'aucune hostilité, à moins qu'il a'y fut forcé , et qu'il maintiendrait ses troupes dans une exacte discipline. La réponse de l'archiduc ne vint qu'après la mort de sa majesté. La voici : a Monseigneur, je suis votre très-humble a serviteur; en cette qualité, je vous supplie de « passer dans mes pays ; car ni portes ni vivres « ne vous y seront. refusés, me confiant sur Fas- « suraace qu'il plait à votre majesté 4^ me dona ner, qu'il ne Vy commettra ni désordres ni au- « cun acte d'hostilité, d

Voilà dans quel état étai^fit les affaires de France lorsi|ue l'année mil six cent neuf finit. Henri en avait passé les damiers mois uniquement occupé de son projet. Le commencement de la suivante n apporta ni changement à sa résolution , ni intermissionrà ses. soins, il ai était si rempli, qu'assez souvent il lui arrivait d'en faire des confidences tout«à-&it indiscrètes. Lorsque j'allai lui rendre le salut) eft le présent d'usage le premier jour dé l'année , il goûta si fort l'idée dans laquelle j'avais fait'faire les jetons d'or que je lui présentai, qu'il en prit deux dans sa poche pour les faire voir à quelques-uns des courtisans. On y voyait représenté le glcd>e de la terre soutenu ^r sa propre pesanteur au n^ilieu d'une atmosphère que les

vents et les orages pai<âissaiaiit vouloir bouleverser ; et ces mots latins , suo se pondère fuldt , qu'on lisait dans l'exergue , achevaient d'exprimer le rapport de cet emblème avec la situation des affaires ^e l'état , rendu capable par le bon gouvernement de Henri le Grand de triompher des efforts de tous ses ennemis. Ce prince , sortant de son dîner , trouva le comte de Soissons et les cardinaux de Joyeuse et du Perron qui s'entretenaient dans le cabinet des livi^^s , et il leur montra les jetons. Ces messieurs, pour lui faire plaisir ^ renchérirent encore sur les louanges qu'il me donnait, en disant que j'en étais d'autant plus digne, qu'on voit rarement les gen3 de qualité unir au goût pour les ;,affaires du cabinet et de la guerre celui des belles-lettres.

J'étais présent à oe discours ^ avec beaucoup d'autres personnes qui avaient suivi le rot*. Henri les écarta tous, exc^pté M. «de Vendôme, pour entretenir ceux que je viens de nommer. Xa Varenne et Béringhen demeurèr^ut aussi ; i»ais ils se tinrent auprès de la porte. Ce ne fat pas sans beaucoup de chagrin que , ce prince s'étant mis à parler de ses grands desseins devant des personnes que je ne croyais pas toutes également bien intentionnées, je lui entendis dire que pour le coup il allait mettre si bas l'Espagne, et toute la maison d'Autriche, qu!elles cesseraient désormais

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