‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 156 sur 195 · LIVRE VINGT-SEPTliME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SEPTliME

pourrait rien conclure. Sa majesté le composa des cardinaux de Joyeuse et dû Perron , des ducs de Mayenne, de Montmorency et de Montbazon, des maréchaux de Brissac et de Fervaques, et de MM. Châteauneuf, garde du sceau de la régence, de Harlai , de Nicolaï , de Châteauvieux , de Lian» court, de Pont-Carré , de Givres, de Villemontée et de M&upeou. Ce conseil , outre qu'il était obligé de se conformer aui^ instructions qu'il aurait reçues , ne pouvait rien statuer sur les af&ires de grande conséquence qu'après en avoir informé et consulté sa majesté. Il avait sous . lui quatorze autres petits conseils , composés de cinq personnes prises dans le clergé , la noblesse , la justice , la finance et les corps de la vUIe. Le nombre de ces petits <;onseils avait rapport à celui des provinces ou ^ouvernemens , en quoi fut partagé le royaume dans l'ordre suivant : l'Ile-de-France , la Bretagne , la Normandie , la Picardie , la Champagne , la Bourgogne et Bresse , le Lyonnais , Forez j. Beaujolais et Auvergne , le Dauphiné , la Giiienne^ le Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois et Limosin , l'Orléanais , FAnjou et la Touraine, le Maine et le Perche, le Berry, Bourbonnais, Nivernais et la Marche. '

Il se £aiisait pendant ce temps-là dans Paris d'autres préparatifs d'une espèce bien différente , que Henri voyait avec beaucoup de chagrin; je

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parle de ceux du couronnement de la reine. Il y répugnait si fort, qu'il ne fsjlut pas an motif moins puissant que l'était sa complaisance pour cette princesse pour l'y faire consentir. Elle n'en eut pas plus tôt obtenu l'ordre , qu'elle y fit travailler avec ardeur. J'ai marqué plus haut le» raisons dont se servaient ses créatures pour lui faire hâter cette cérémonie ; on ne peut que tes juger ou bien extravagantes , ou bien criminelles. Henri comptait sertir de Paris îmmédîat^nent après; et comme ce retardement ne pouvait être que d'une quinzaine , l'ordre fut expédié pour toutes les troupes de pied et de cheval , qui prir^at sans tarder le chemin de la Champagne. Les six mille Suisses que le roi avait fait lever furent conduits à Mouzon par le duc de Hohan , qui était allé les recevoir sur la frontière. Je fis partir, toute l'artillerie : on n'avait jamais vu en France , et peutêtre n'y verra-t-K)n jamais un équipage plus complet et mieux fourni. Mon fils se mit à la tête, en vertu de la charge de grand-maître de l'artiUerie , dont sa majesté avait eu la bonté de lui donner la survivance. Je me disposais à le suivre de près , faisant porter avec moi une somme de huit millions. '

Enfin 9 le roi avait déjà donné aux étrangers le signal de son départ par la lettre qu'il écrivit à l'archiduc. La voici telle que je la fis moi*méme,

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