LIVRE YIHGT-^EPTliME
et telle qu'elle lui fut envoyée , si Yilleroi , entre les msuDs duquel, comme secrétaire d'état, elle passa , n'y changea rien , car il en avait beaucoup d'envie, ce Mon frère , ne pouvant refuser à mes tt meilleurs alliés et confédérés le secours dont ils « m'ont requis , contre ceux qui les veulent trou- « bler en la succession des duchés et comtés de «Gèves, Juliers, la Mark, B^rgh, Ravensperg « et Ravestein , je m'avance vers eux avec mon « armée ; et parce que mon chemin s'adresse à a passer dans vos pays, j'ai désiré de vous en averse tir, et savoir de vous si je dois entrer comme « ami ou comme enqemi. Sur quoi attendant votre « réponse , je prie Dieu, etc. »
Je ne sais ce qu'on doit juger d'un bruit fort commun alors , et tjui fut confirmé au roi à Fontainebleau, par Girard, qui arriva de Bruxelles ie 7 mars ; c'est qu'on était persuadé à la cour et dans les états de l'archiduc que le roi de France affectait d'avoir de grands desseins , dans la seule vue de £ûre peur à ses ennemis ; et qu'on y était si assuré que c'était tout le but de son armement, qu'on n'y faisait pas le plus petit préparatif pour s'y opposer. Le dernier pouvait être vrai , comme en effet il l'était , sans que pour cela l'archiduc fut aussi tranquille qu'il affectait de le paraître. Il eût été dans des sentimens bien différens de tout le reste de ceux qui prenaient quelque intérêt à
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l'Espagne et à la maison d'Autriche. La consternation ne se peut exprimer. Pendant que le parti de leurs adversaires, qu'on appelait chez les étrangers la faction française , se montrait avec un air de triomphe , qui semblait lui promettre tous les succès qu'elle s'entendait souhaiter de toutes parts, le parti £(jit|^ichien së^tellait dans le silence, l'inaction et le tremblement ; objet de la haine publique, et s'attendant à en être bientôt la yictime , n'ayant nul moyen de résister à la foudre dont il était à la veille de se voir écrasé. Mais , hélas! c'est bien mal. à propos que je lui insulte; il ne lui restait encore malheureusement que trop de ressources '. Ge n'était ni les armes , ni un no-
' f( Il fallait bien, dit Péré&xe, quHl y eût plusieurs conspi- « rations sur la vie de ce bon roi, puisque de vingt endroits « on lui en donnait avis; puisque Ton fit courir le bruit de sa « mort en Espagne et à Milan par un écrit imprimé ; puisqu'il tt passa un courrier par la ville de Liège, huit jours auparavant n qu'il fût assassiné, qui dit qu'il portait nouvelle aux princes « d'Allemagne qu'il avait été tué; puisqu'à Montargîs on n trouva sur l'autel un billet contenant la prédiction de sa (t mort prochaine par un coup déterminé, etc., p% 409. »
L'archevêque d'Embrun (Honoré du Laurens, frère du premier médecin) étant avec d'autres prélats, dit à l'heure même que le roi fut tué : « Il est impossible qu*en Vétat où « sont aujourd'hui les affaires, il n'en prenne mal au roi; et à « cette heure que nous en parlonsj^ il lui arripe peut-être quel- « que désastre : » Première lettre de Nicolas Pasquier. Un « prêtre de Douai dit, au moment mcme de l'exécution, que « Ton tuait le plus grand monarque de la terre. La sœur de