‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 158 sur 195 · LIVRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SEPTIÈME

ble désespoir qu'il avait envie d'opposer au prince que l'Europe avait nonnné pour son vengeur et choisi pour son bras droit. Il ne fallait, pour abattre la tête qui donnait le mouvement à tout ce corps , qu'un crime ; et jamais la trahison , lempoisonnement, l'assassinat, n'avaient pu procurer un triomphe plus digne d'eux ; triomphe honteux et si détesté, que les termes manquent pour en exprimer toute l'horreur. J'achève, en frémissant , ce que j'ai de circonstances plus particulières à apprendre au public sur le funeste

« Villars Houdan, gouverneur de Dieppe, religieuse à Saint- « Paul, en Picardie, dit à son abbesse : Madame, faites prier « Dèeupourle roi, car on le tue. Et un peu après : Hélas! U est < tué, » (P. Matthieu, ibid,, p. 835. ) Pasquier dit encore dans cette même lettre que La Font, prévôt de Bayonne, vint, en 1608, trouver le roi pour lui donner avis qu'il y avait un attentat formé contre sa personne, et que deux ou trois jours avant celui où ce prince fut poignardé, ce même La Font avertit encore le chancelier que celui qui devait tuer le roi était' actuellement dans Paris ; que 1 on le lui avait révélé , etc. Ce fait est le même dont parle Dupleix, p. 4ii> sous le nom d'un gentilhomme béarnais. Pasquier ajoute qu'un marchand deÛQUjii, écrivant, quinze jours avant cet assassinat, à un marchand de Rouen , lui demande s'il est vrai que le roi ait été tué. Qu'un des principaux bourgeois de Cambrai dit , huit

jours auparavant : Ce vieillard a de grands desseins, mais il n'ira guère loin; et quelques autres circonstances semblables. On en trouve aussi de particulières dans le premier tome de la Vie de Marie de Médicis, p. 68, et dans quantité d'autres

écrits.

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