V. aS
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accident dont le souvenir coûte encore à mon cœur des larmes de sang.
Quel jugement porterons-nous sur les noirs pressentimens qu'il n'est que trop constant que ce malheureux prince eut de sa cruelle destinée ? Ils sont d'une singularité qui a quelque chose d'effrayant ^ J'ai déjà rapporté avec quelle repu-
* Voici comme en parle le inaréchal de Bassompierre y cUns ses mémoires, 1. 1, p. 292 et suivantes. « Il me dit, peu devant « ce temps-'là : Je ne sais ce que c'est, Bassompierre, mais je (( ne puis me persuader que j'aille en Allemagne ; le cœur ne 'X me dit point que tu ailles aussi en Italie. Plusieurs fois il me « dit et à d'autres aussi : Je crois mourir bientôt. » La reine eut une passion particulière de se faire couronner avant le départ du roi pour aller en Allemagne. ^ Le roi ne le désirait rc pas, tant pour éviter la dépen3e que parce quil n'aimait « guère ces grandes fêtes. » Il y a toute apparence que ce prince cachait soigneusement à tout autre qu'à Sully le véritable motif qui le portait à s'opposer à cette cérén^onie. «t Toute- « fois, continue cet écrivain, comme il était le meilleur mari « du monde y il y consentit, et retarda son déport pour ^ler en « Allemagne jusqu'après quelle aurait fait son entrée dans
n Paris Le sacre de la reine se fit avec la plus grande ma-
<t gniEcence qu'il fut possible. Le roi y fut extraoïrdiniûrement ft gai,... lie roi lui dit (à M. de Guise) et à mpi aussi : Vous ne «( me connaissez pa^ maintenant , vous autres; mais je mourrai « un de ces jours; et quand vqus m'aurez perdu, vous cooa naîtrez lors ce que je valab, et la différence qu'il y a de moi <t aux autres hommes. Je lui 4is alors : l)Ion Dieu l iie cesserez- « vous jamais, Sire, de nous troubler en disant que vous « mourrez bientôt? Ces paroles ne sont point bonnes à dire. a Vous vivrez, s'il plaît à Dieu, bonnes et longues années. Il