LIVRE VINGT-QfDATRlèME. Sg
tance ordmaires, et qui avait commencéfpoiir cela par faire tenir aux États , au oaimnencement de cette année , une somme de six cent mille livres4 Mais ils prirent son argent , et n'en firent pas moins la cessation d'armes à4aquelle ils étaient résolus; et c'est apparemment pour prévenir nos reproches qu'ils envoyèrent de nouveau nous fatiguer par les mêmes propositions de villes d'otage , et d'ac«> ceptation de la domination française, dont ik savaient combien nous étions dégoûtés. J'ajoute qu'ils cherchaient à nous tirer encore: quelque somme d'argent considérable, Aërsens, à son re<> tour à Paris, au commencement d'avril, n'ayant point eu honte de demander un supplément de deux cent mille livres. Henri eut sa revanche; mais , ^1 refosant Aërsens , 'il ne laissa pas de £aire d'ailleurs tout ce qu'il crut propre à su^iendre la résolution des États pour l'accommodement , quoi^i^ qu'il dît dès ce moment qu'il n'était que trop clair que c'était un point arrêté entre eux.
Préaux et Rnssy avaient déjà fait plusieurs allées et venues à ce sujet par commission du roi. Sa majesté, qui regardait comme un coup de partie d'avoir en ce pays-là quelqu'un qui assistât de sa part à l'assemblée générale des États, qui U avait été indiquée pour le 6 mai, et dans laquelle on devait nommer des députés pour envoyer faire part à ce prince des motifs de la c^sation d'artbes;
4o MÉMOIRES 0E SULLT.
sa majesté, clis-je, jugea à propos que je fisse repartir précipitamment Buzenval, auquel elle donna Jeannin pour adjoint. Leurs instructions furent à peu près les mêmes qu'on avait données à La Bo'derie ' , au sujet de la suspension d'armes. Je délivrai à Buzenval ses mêmes appointemens pour six mois : j'y compris seulement les frais que Franchemen , son secrétaire , pouvait avoir faits en Flandre, pendant que son maitre était absent.
Les choses étaient en cet état lorsqu'on apprit la nouvelle d'une grande victoire navale remportée le a 5 avril ^ par la flotte des Provinces- Unies sur celle des Espagnols, et presque aussitôt Buzenval en envoya le détail , tel qu'on va le voir. Alvarès Avila ^ , amiral espagnol , croisait aux environs du détroit de Gibraltar, pour défendre aux Hollandais l'entrée de la Méditerranée, et leur oter le commerce de la mer Adriatique. Les Hollandais , qu'on ne pouvait mortifier plus seur siblement , donnèrent dix ou douze vaisseaux à commander à un de leurs meilleurs hommes de
* Antoine Le Fèvre de La Boderie.
* D'autres historiens disent le lundi 3o avril : il y a aussi quelques autres différences dans la relation du combat, mais peu considérables. Voyez de Thou, liv. i38, /<? Mercure Jrar^ eaisy année 1687, et autres historiens.
' D4 Jean Alvarès d*Avila.