‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 163 sur 195 · LIVRE VlWGT-SEPTliME. SqS · texte numérisé non relu

LIVRE VlWGT-SEPTliME. SqS

tion formée contré la personne du roi. Ayant demandé à cette femme les noms des personnes qui y entraient , celle-ci lui avait nommé la marquise de Yerneuil même , M. N. et quelques au-

fait au procès de Ravaillac un incident trop important pour le passer sous silence; nous y reviendrons plus d'une fois. « Elle « avait donné , disent les Mémoires pour sentir à Vhistoire de « France, p. 357, ^^ déclaration par écrit , qui contient un dé- « tail bien circonstancié de la conjuration et des desseins de « Ravaillac, dont elle disait auteurs le duc d'Épernon et la « marquise de Yerneuil. Le roi, la reine et tous ceux auxquels « elle s'adressa poiu* découvrir ce qu'elle savait ne voulurent « point l'entendre, et la traitèrent de folle. L% mardi 25 jante vier 1611 (car ce procès ne fut consommé que bien avant « dans l'année suivante), les chambres furent assemblées sur « le fait de la Coman , où furent décernées quelques prises de «corps et.ajournemens personnels. La Yilliers-Hotman , la > présidente Saint- André et la Charlotte du Tillet, sa sœur, y « comparurent. La Coman parlait bien et de bon sens, résoc lue , ferme et constante en ses réponses et accusations , munie « de raisons valables et preuves très-fortes, qui rendaient ses « juges tout étonnés. Elle avait été autrefois à la reine Margue- « rite, à laquelle même elle s'adressa pour la découverte de c cette conjuration et menée d'importance , dont la reine ré- « gente , bien avertie , dit que c'était une mauvaise femme qui « accusait tout le monde, ne savait si enfin elle ne l'accuserait

« point elle-même Les reproches qu*elle et la du Tillet se

« firent à la confrontation, sur leur mauvaise vie, sont plai- « sans. Si la Coman ne se fût mêlée que de ce métier-là , elle « n'eu eût été guère recherchée ; mais l'autre est trop hasar- « deux ; car à se bander contre les grands, il y a souvent perte « de biens et de vie : c'est ce qui me fait craindre pour elle. II « est marqué à là marge sur cette du Tillet : Charlotte du TiU

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très ; ce qui fil prendre le parti à cette demoiselle de faire passer cet avis jusqu'au roi , en le faisant dire à la reine par celle de ses femmes de chambre qu'on appelait Catherine. Mademoiselle de Gour*

« lety fille d'intrigue, de la confidence de la marcpûse de Ver* « neuil ; c'est par elle que la demoiselle d'Ëscoman avait élé <( instruite des desseins de RavaiUac »

a Le dimanche 3o janvier, la marquise de Verneuil fut, sur « les dépositions de la Coman , ouïe de M. le président, depuis « une heure après midi jusqu'à cinq; et ce au logis dudit pre- « mier président, où il l'avait fait assigner pour l'interroger a là-dessus. » La marge porte encore : « Elle était accusée par « la demoiselle d'Ëscoman, et ne fut décrétée que d'un assigné « pour être ouïe, quoiqu'il s'agît de l'assassinat du roi^ et de «t crime de lèse-majesté au premier chef. »

<i Le samedi 5 mars, la cour assemblée sur le fait de la Co- « man, et autres prisonniers déférés par elle sur l'assassinat du « feu roi, donna son arrêt qU'on disait être l'arrêt des Aréopa- « gîtes, lesquels remettaîèDt à cent ans le jugiômlnt d'une cause « oÎL ils trouvaient trop de difficultés^ La cour n'en trouvant « pas peu en cette affaire, en r^ooit le jugement en une saison a plus commode, ouvrant cependant les prisons aux accusés^ « et y retenait mademoiselle de Coman seule, qui semblait en 4 devoir sotûx filus toi que les autres; mlds le temps ne pétait « pas de faire autrement ; et même le premier président, qui « assista au jugement, fut de cet avis, ayant égard, «t au repos « de cet état, et à la qualité des accusée, qui toutefois par cet a arrêt ne demeurèrent déchargés ; ce qui les £lcha fiott. ^ La marge porté ; « Cet arrêt ordonne un plus amplement informé; «r et cependant qu'Etienne Sauvage, valet de chambre du sieur « d'Eutragues père, et Jacques G^âudin, accusés et prisonniers K en la Conciei'gerie, seront élargis. Il y eut attèt définitif le « 3i juillet suivant, qui déclare la marquise de Verneoil,

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