LIVRE VINGT-SEPTIÈME
naître les complices, il lui indiquerait les deux femmes qui viennent d'être nommées, comme celles qui étaient le plus en état de l'en instruire. Ce que personne n'a ignoré de la suite de cette affaire , c'est que la femme dont mademoiselle de Gournai tenait ce qu'elle dit à M. de Schomberg a été interrogée , qu'elle a soutenu hautement sa déposition , et qu'elle est morte en y persistant. Voilà une anecdote qui ne sera pas oubliée de ceux qui cherchent à tirer des conséquences de l'affectation qu'on a remarquée à supprimer des pièces ' par lesquelles le procès du détestable parricide se trouvait instruit.
' C'est un fait presque universellement connu que cette suppression des pièces du procès de Rayaillac, par le parlement de Paris. A ce reproche qu'on fait à ses juges on joint celui de n'avoir point fait, ou du moins fort peu, et de trèsfaibles informations sur la mort de* quelques personnes détenues pour ce sujet dans les prisons , qui a paru à plusieurs personnes n'être pas naturelle; d*avoir négligé d'ajourner et d'interroger beaucoup d'autres personnes dont on pouvait tirer de grandes lumières, telles que la mère du parricide, qui savait bien qu'il était parti d'Angouléme le jour de Pâques, sans avoir satisfait à son devoir pascal ; plusieurs de ses parens , qu'il avait nommés dans son interrogatoire , le curé de Saint-Séverin, le P. de Sftinte-Marie-Madeleine des Feuillans, les capucins d'Angouléme , qui lui avaient donné un cœur de coton, enfermé dans un reliquaire, avec du bois de la vraie croix, du moins ils le lui faisaient accroire; et cela, disaientils, pour le guérir d'une fièvre qu'il avait : de n'avoir point <i«tendu non plus le sieur Guilbaut, chanoine d'Angouléme,
39B MÉMOIRES DE SULLT.
La cérémonie du couronnement de la reine commença cependant à s*exéouter avec toute la magnificence qu'on attendait de si grands préparatifs; elle devait durer plusieurs jours, et être terminée par la principale de toutes, le dimanche 16 mai '. Le roi avait la complaisance pour là
le P. Gilles Osières, ancien gardien des oordeliers de Paris , Le Fèvre, autre jeune cordelier, plusieurs aupiôniers du cardinal du Perron , aue Rayaillac dit qu'il reconnaîtrait bien de visage , mais dont il ne savait pas les noms ; les nommés Béiiard, Bréteau, Colletet, du Bois, de Limoges, etc. On s'est encore plaint que Ravaillac avait été si peu soigneusement gardé dans sa prison , que pendant treize jours qu'elle dura il ne se présenta presque personne pour le voir, auquel on ne le laissât parler. Une dernière plainte plus grave encore, si le fait était vrai, e'est qu^à la première tirade des chevaux, Ravaillac ayant demandé qu'on recàt sa dépositif^n , il ^cta \m testament de mort, que le greffier Voisin écrivit si mal, que^ quoique cette pièce existe encore aujourd'hui, dit-on, il n'y a point d*écrivains-juré$, quelque habiles qu'ils soient, qui aient pu en déchiffrer un seul mot.
Ce sont toutes ces considérations qui portent une infinité de personnes à juger que le parleaoent n'en a ainsi usé que par la crainte que, la vérité ayant été découverte et rendue publique, il ne se mit lui-même dans la nécessité de poursuivre à toute rigueur un trop grand nombre et de trop puissantes tètes.
' La cérémonie du sacre ou couronnement se fit à Saint- Denis, le jeudi i3 mai, avec une magnificence et des apprêts dont on peut voir le détail dans ie Mercurt français y P. Matthieu, le volume 9^61 des manuscrits royaux, et les autres historiens. Celle à laquelle on se préparait pour le dimanche