‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 167 sur 195 · LIVRE VUfGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VUfGT-SEPTIÈME

« vint à la fenêtre, et , portant la main sur son front, dit ces « paroles : Mon Dieu! j'ai quelque chose là-dedans qui me «c trouble fort... Je ne sais ce que j'ai, je ne puis sortir d'ici... « Ravaillacy entendant qu'il demandait si son carrosse était en « bas, dit entre ses dents : Je te tiens y tu es perdu, » P. Matthieu.

« Étant près d'y monter, arriva M. de Vitry, qui lui de- « manda s'il plaisait à sa majesté qu'il l'accompagnât. Non, lui « répondit le roi; allez seulement où je vous ai commandé, et « m'en rapportez réponse. Pour le moins , Sire , répliqua « yitry, que je vous laisse mes gardes. If on, dit le roi : je ne « veux ni de vous ni de vos gardes ; je ne veux personne au-* « tour de moi. Entrant dans le carrosse , et pensant, comme «I il est à présupposer, aux mauvaises prophéties de ce jour, « qu'on lui avait voulu mettre en la tète, demanda à l'un des <« ûens le quantième du mois il était : C'est le i3, Sire. Non, « dit un autre, c'est le 1 4* H ost vrai, dit le roi , tu sais mieux « ton almanach que ne fait pas l'autre; et se prenant à rire, n entre le i3 et le i4» dit-il : et sur ces mots-, fait aller le (I carrosse. » L'Étoile.

« Il dit au cocher : Mettez-moi hors de céans. Quand il fut « devant l'hôtel de Longuevillé, il renvoya tous' ceux qui le « suivaient. On lui demanda encore une fois oà irait le car- « rosse. Il dit : à la croix du Tiroir ; et quand il y fiit, il dit : au « cimetière Saint-Innocent... Ravaillac demeura longuement « au Louvre, assis sur les pierres de la porte, où les laquai» « attendent leur mautre. Il pensait faire son coup entre les « deux portes; le lieu où il était lui donnait quelque avantage; a mais il trouva que le duc d*Epernon était en la place où il « jugeait que le roi se devait mettre. » Matthieu.

Ce prince était dans le fond du carrosse , dont il voulut ,. pour son malheur, qu'on levât tous les mantelets, parce qu'il faisait beau temps, et qu'il prenait plaisir k voir , en passant, les préparatifs qu'on faisait par toute la ville pour l'entrée de la reine. Il avait à c6té de lui, à sa droite, le duc d'Epernon;

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les maréchaux de Lavardin et de Roquelaure étaient à la portière droite; le duc de Montbazon et le marquis de la Force, proches de lui, à la portière gauche; et sur ledevant ; le marquis de Mirabeau et Duplessi^-Liancourt, sonpreimerécuyer. Yitry, capitaine de. ses gardes, était allé, par son ordre, au Palais, pour hâter les préparatifs de la reine, et il avait fait demeurer ses gardes au Louvre, de manière qu'il n'était suivi que d'uu. petit nombre de. gentilshommes à cheval, et de ses valets de i^ieà. Péréfixey Matthieu^ L* Étoile , N, Rigaud, Ihid.

Le carrosse entrant de la rue Saint-Hpnoré dans celle de la Ferronnerie, qui était alors fort étroite, et encore rétrécie par les boutiques adossées au mur du cimetière des Innocens , un embarras formé par la rencontre d'une charrette chargée de vin, qui se présenta à droite, et d'une autre chargée de foin, qui venait à gauche , l'obligea de s'arrêter dans le coin de cette rue, vis-à-vis l'étude d'un notaire nommé Poutrain. Les valets de pied entrèrent dans les charniers, pour rejoindre plus facilement le carrosse au. bout de la rue; il n'en resta que deux à la suite du carrosse, dont Tun s'avança pour dissiper l'embarras , et l'autre prit ce moment pour renouer sa jarretière. Ibid.

Ravaillac', qui avait suivi le carrosse depuis le Louvre;*

^ « Ce méohaiif: coqnin, natif da pays d^ÂDgoiniKMS, de v\\t eztrac- « tion, de poil ronsseao, rêveur et mélancolique, ayait^ été moine; pois, « ayant quitté le froc, avait tenn école, et après s* était &it solliciteur « d'affaires, et. était venu à Paris depuis deux ans.

c< Il fut pris sur-le-champ , interrogé à diverses fois par les conuDÎssai' « res du parlement , jngé les chambres assemblées, et par arrêt tiré à « quatre chevaux dans la Grève, après avoir été tenaillé aux mamelles, « aux bras et aux cuisses , sans qu'il témoignât la moindre émotion de « crainte ni de douleurs dans de si étranges tourmens ; ce qui confirmait « bien le sonpçon qu'on avait que certains émissaire^, sous le masque de « piété, l'avaient enchanté par de £iusse$ assurances' qu'il mourrait mar- « tyr, s'il tuait celui qu'ils lui fiusaient croire être l'equemi juré de l'É- « glise. » Péréfixe,

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