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pas embarrassé de savoir ce qui se traitait alors ; Tunioix des couronnes de France et d'Espagne , le renoncement aux plus anciennes alliances de la couronne avec les princes étrangers ^ Tabolition de tous les édits de pacification , la destruction des protestans , Texpulsion de tous ceux de cette re* ligion qui étaient en place, la disgrâce de tous ceux qui ne voudraient pas plier sous le joug des nouveaux favoris, la dissipation des trésors amassés par le feu roi , pour s'attacher les avares et les ambitieux, et pour combler de biens et d'autorité ceux qu'on allait faire monter aux premiers rangs; c'est-à-dire mille projets aussi pernicieux au roi et à l'état qu'avantageux à nos plus mortels ennemis, étaient le grand objet des délibérations de ces nouveaux conseillers.
Quant au conseil public , qu'on était exact à tenir tous les jours , on y appelait les princes de Gonti et comte de Soissons ( le prince de Condé n'était pas encore de retour), le cardinal de Joyeuse^ le connétable, les ducs de Mayenne, de Guise et de Bouillon , lorsque celui-ci fut arrivé ; le maréchal de Brissac, Château-Neuf, Pontcarré^ de Vie ' , Caumartin et moi. Une partie de tous
' Dominique de Vie, vice-amiral, etc., dont il a été parlé ci-devant. Il mourut cette année à Paris, au retour d'un voyage à Calais, dont il était gouverneur; et Ton assure que ce fut \\n effet de la douleur dont il fut saisi en revoyant l'en-
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ces messieurs parlaient assez hautement de changer de système politique; mais ce qu'on agitait le plus ordinairement dans ce conseil, c'étaient les moyens d'augmenter les revenus royaume , de di* minuer la taille et les autres impots, d'augmenter les pensions des grands , et de leur procurer dif* férens avantages. La forte poitrine du président Jeannin le faisait entendre par*dessus tous les autrès : on eût dit que cet homme avait été gagé pour promettre des monts d'or à tout le monde. Quelques personnes , qui avaient encore* retenu de la sincérité de l'ancien conseil, de ne savoirni déguiser, ni flatter, voulinrent se jomdre à moi pour faire sentir la grossière contradiction qu'il y avait à prétendre augmenter les dépenses en diminuant les revenus.
Je ne voulus poiqt avoir à me reprocher que des principes si fawi prissent cours par mon silence : je les combattis d'abocd méthodiquement; et je me flatte que, ei l'avantage avait dû rester du côté de la raison, nous l'aurions emporté; mais nous comprîmes bientôt que l'ignorance n'était que le moindre des vices que nous avions ici à combattre. C'est par les plus magnifiques promesses , dont pourtant celles qui regardaient le foulagement du peuple demeurèrent sans exé-
droit oà il avait vu apporter le corps de Henri FV après son assassinat 3fèrcure de France, année 1610, p. 629.
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cution , que le nouveau gouvernement cherchait à gagner les cœurs, à faire oublier, et même à rendre méprisable la sage économie à laquelle on devait la gloire du dernier règne. A l'égard de Jeanntn, il avait son objet particulier. Dans l'envie qu'il avait de dispenser les finances , que pouvait-il faire de mieux , pour s'élever à cette charge, que de donner à e&teiidre que tout le monde trouverait dans le nouvel administrateur des finances toute la commodité que les grands se plaignaient: de ne pas rencontrer dans celui qui lavait précédé ? On dira qu'il n'avait aucun des talens nécessaires pour cet emploi , qu'il obtint en effet ; mais il eut assez d'habileté pour s'y enrichir, lui, ses parens et alliés, et surtout CastiUe \ Il'fallait que l'argent coûtât bien peu à ce dernier, puisque les meubles , qui , dans toutes les maisons, ne sont que de fer ou de bois, étaient d'argent dans la sienne : il ne le cédait en ce point qu'au seul Coiïchini.
J'achevai de me confirmer dans la pensée que je présentais des remèdes à des malades volontaires, en voyant que ma liberté, qu'on avait d'abord soufferte comme une espèce de défaut d'habitude, commençait à paraître si importune , que |e lisais sur les visages la peine qu'on avait
' Pierre de CastiUe fut contrôleur-général et intendant des finances.
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à se taire , et qu'on s'affranchit bi^itôt de ce petit reste d'égards. Dès -lors je me regardai conime un homme qui allait bientôt être quelque chose de plus qu'inutile; et je formai très-sérieusement le dessein de travailler peu à peu à me dégager d'une place où je ne pouvais soutenir ma réputation qu'avec des risques infinis , ou la démentir qu'en me déshonorant tout-à-fait. De que, poids eut été la voix d'un homme seul , qui n'a que des choses dures à dire , pour l'emporter auprès de la reine sur le langage si affectueux, si attrayant , si complaisant des flatteurs et des nouveaux fiivoris ? C'est une chose si rare , qu'un ministre se soutienne auprès de son maître par les seuls sentimens d'une vénération mêlée de crainte (ce qui doit pourtant être, û l'on suppose que ce ministre est honnête homme ) , qu^on ne doit pas attendre ce miracle deux feis de suite. Aussi , lorsque mes parens, mes amis et mes domestiques, à qui leur affection pour moi faisait voiries choses d'un autre èeil, s'unissaient pour lû'engagèr à continuer des soins qu'ils m'assuraient pouvoir encore être utiles, ou même qu'Ûs me représentaient qu'il y avait peut-être encore quelque éhose de bon à hire sur le nouveau plan, ma réponse la plus ordinaire était , que le coup que Dieu avait permis qui arrivât) était une déclaration si visible qu'il voulait que la Fi*ance fut