LIVRE© VIÏTGT-HUITlèME. 4^ I
enfin livr^ à son mauvais destin, que c^était presque le tenter que de chercher à en ^empêcher l'effet. Un de mes gens, ce même Arnaud doqt j'jii parlé il n'y a qu'un moment, eut l'imprudence de me dire , un jour qu'il me voyait ex- ^ tremement affligé de cette pensée, qu'il lui semblait que c'était à tort que je me désespérais ainsi sur l^venir; qu^it se pourrait faire dans la suite des épargnes que les grandes dépenses du feu roi , en bàtimais , chiens , oiseaux , jeu et mal^ tresses rendaient impossibles dé son vivant. Ce discours me parut si criminel dans la i bouche de celui qoi me le tenait , que , dans le mouvement d'i^ne violente colère, je le traitai d'ingrat, de méchant et ^l'effronté ; que je le' menaçai de lui donner un soufflet, et lui défendis de paraître jamais devant moi. le né disais que trop vrai lors^ que je lui reprochai en ce moment que son lâche manège et ses conseils péï*nicieux allaient ouviir la première VQie à la dissipation et à la mauvaise administration.
Le comte de Soissons n^était pas à Paris dans le teimpis que tout cda se passait. Je ne sais qud mécooteotemient qu'il avait eu pendant lie couronnement de la reine, su^ H forme de Fhabillement des enfisuis naturels ' du roi, lui avait
' Il s'agissmt de la robe de Madame la ducheàse de Vendôme. Le roi souhaitait passionnément qu'elle la portât ^ comme les
4f)tl . MiHOIRES DE ^LLT.
fourni un prétexte pour se- retirer dans une de se^ maisons, en sorte qu'il ne fut témoin de rien de ce qui se passa , soit à la mort, du roi , soit les jours suivans, et quïl n'arriva à Paris qu'après la déclaration de la régente , et tous les arrange* mens pris. Ce fut un nouveau sujet pour . lui de gronder et de se plaindre. Il trouva fort mauvais qu'on eût procédé à une action de l'importance de celle de la régence sans l'en avoir averti , et même sans avoir attendu qu'il y fut présent;, car il soutenait que cette cérémonie n'avait pu se faire sans lui. Comme il s'imagina qu'il n'y avait qu'à parler haut pour se faire craindre , il y blâma plusieurs choses dans la forme.; il dit, ce que personne n'avait osé dire, avant lui , qu'il n'y avait eu qu'un fort petit nombre de présidens et de conseillers qui eussent eu part à la nomination de la reine, dans la première séance du parlement, et que dans celle du jour suivant, à laquelle avaient as^té le roi , les princes , pairs , cardinaux et autres officiers de la couronne v de peur de trouver de l'opposition dans la voix des suffrages , qui doit seule avoir lieu en ces occasions, on s'était contenté d'une simple confirmation informe et précipitée; de. l'acte de la veille ; ce qu'il appelait confirmer un acte nul. Il vit
autres princesses du sang, semée de fleurs de lis, et le comte de Soissons ne voulut jamab y consentir.