‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 18 sur 195 · LIVRE VIWGT-QU4TWÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIWGT-QU4TWÈME

les incertitudes qu'ils y remarquaient, que tout cela se traitait en efifet sans la participation de sa majesté catholique. Pour peu qu'on y eût fait attention , on n'aurait trouvé aucune apparence que Spinola ni l'arcbiduc eussent osé négocier avec les ennemis mortels de l'Espagne pour une paix ou une trêve à longues années (par on disait l'un

et l'autre), sans le consentement , du moins secret, du roi d'Espagne , ou de ceux qui te gouvernaient. Ce prince était lui-même bien décidé dès ce mo« ma[it-*là , comme il le parut assez dans la suite; et si l'on remarquait quelque embarras politique , il valait ou de la chose même , ou de la lenteur du conseil de Madrid , ou enfin du coté de ceux auxquels il se croyait obligé, pour la forme, de com* muniquer sa résolution , qui , pour en bien parler^ n'était pas sanis de geands risques pour l'Espagne, et;qui , par conséquent, ne pouvait lui être insp^^ rée que par une pressante nécessité.

On soutint en France le pour et le contre jusqu'au moment de la conclusion. Le roi me mandait son avis sur toutes les dépêches qui lui venaient de ce pays-là , et nous les envoyait exactement , à YiUeroi, Sillery et^moi, pour être examinées daiES nne espèce de conseil. L'avis le plus important fat oehii qui fut apporté sur la fin de mai, qu'on n'attendait plus lauitre chose en Flandre, poiir annéter les articles, sinon que le roi d'Espagne

44 MEMOIRES DE SULLT.

promît de ratifier ce qui serait statue par l'archiduc, ou par Spinola et les agens des États; que le secrétaire de ce marquis , qui avait passé quelques jours auparavant par Paris, était allé chercher cet engagement de ratification avec la révocation de dom Diego-D'Ibarra , qu'on disait qu'il avait en effet rapportés. Sur cet exposé que me fit Henri, dans une lettre qu'il m'écrivit de Monceaux, le %[\ mai, je lui répondis qu'il fallait tenir la ratification de l'Espagne pour assurée , et par conséquent la paix , ou une longue trêve : que ce serait apparemment sous ce dernier nom , comme plus propre à cacher la honte des Espagnols , que l'accord paraîtrait. A quoi j'ajoutai , conformément à ce que je viens de dire, que l'Espagne cédait au besoin , supposé qu'elle ne cachât pas sous cette démarche un piège par lequel elle espérait regagner un joui: ce qu'elle sacrifiait à la nécessité.

Le secrétaire de Spinola n'était pas chargé du projet de ratification, comme on l'avait dit, puisque, si cela eût été, elle serait arrivée en Flandre, et même à Paris , avant la fin de juillet , ainsi que Henri s'y attendait ; ou bien il se rencontra de nouveaux obstacles , ou enfin l'Espagne jugea à propos, pour d'autres raisons, d'en retarder l'expédition, puisqu'elle ne parut datée que du 1 8 septembre. Je le sus des premiers par l'ambas-

Page 1