‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 182 sur 195 · LIVRE VmCT-HLITIKME · texte numérisé non relu

LIVRE VmCT-HLITIKME

présente comme ie moment qui allait décider pour toujours de l'amitié ou de la. haine du comte pour moi. On allégua une infinité d'autres motifs , malgré lesquels je. persistai non^seulement à refusai* de signer^ mais. à soutenir à tous ceux qui m'en parlaient que, cette afiisiire ayant été agitée , et ayant pris fin entre le roi Henri «t. moi, nul autre ne pouvait mieux savoir qu^ son intention avait été directement contraire à ce qu'on voulait me persuader aujourd'hui , et je tranchai le mot , qu'on ne me présentait qu'un acte faussement signé et scellé de ce prince. On désespéra de vaincre mon opiniâtreté ; et le parti qu'on prit fut de re- Catire un second cœitrat, tout pareil à celui-ci, excepté que mon nom ne s'y trouva plus. ^ Nous en étions en ces termes, le comte et moi, lorsqu'il se brouilla ' ouvertement avec le prince

' Cette brouillerie vint de ce cçàe les carrosisies dé ces deux princes s'étaient heorles e|i passml^ et que leurs cochers s'étaient battus. Le duc de Guise allant le lendemain trouver le prince de Conti, par ordre de la reine, pour chercher à assoupir ce différend , passe par-devant l'hôtel de Soissons avec vingt-cinq ou trente chevaux; il n'en fallut pas davantage pour le brouiller lui-même avec le comte; et cette double querelle causa une .telle rumeur dans Paris, que la reine, craignant un soulèvement général, donna ordre que tous^ les 'bourgeois se tinssent jHrêts à tendre les chaînes et à prendre lès armés par tonte la ville au premier commandement , et quelllB jnit auprès de. chacun de ces deux .princes un capi^ taine des gardes. C'est dans les mémoires de Bassompierre,

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de Conti, sou frère, et , à cause de lui , avec toute la maison de Guise. La reine m'envoya chercher , et, me faisant part des expédiens qu'elle avait imaginés pour accommoder leurs différends (ce qui se devait faire le conseil étant assenablé), elle me pria de paraître jusqu'à ce temps ne prendre parti ni pour l'un ni pour l'autre , afin que j'en fusse plus propre à faire le personnage de médiateur, lorsque le moment en serait venu; à quoi je souscrivis de bon cœur.Commq nous étions tous assis dans le conseil , où cette affaire devait se traiter, où j'avais même déjà opiné favorablement pour le comte , ce prince envoya Brissac dire tout bas à la reine qu'ayant su qu'il devait être question de lui dans le conseil , il la suppliait de ne permettre à personne de ceux qu'il pouvait tenir pour suspects d'y délibérer , et qu'il me récusait nommément ' , çon^nae parent et ami de toute la

t. I , p. 3o8 et suiv&ntes, qu'il faut voir toutes les particularités de ce démêlé, parce que lui-méiDe contribua beaucoup ;\ Tapaiser. Voyez aussi l'histoire de la mère et du fils, t.i,p. 123, et & Mercure français , année i6i i , où est rapporté un discours que Sully tint à la reine en faveur du duc de Guise.

' L'auteur de la vie du duc d'Ëpernon nous apprend que le comte de Soissons porta la haine contre Sully jusqu'à solliciter ce duc de permettre qu'il fit assassiner ce ministre dans le Louvre même, et qu'il lui sut fort mauvais gré de lui avoir refusé, pour exécuter ce coup, le secours des gardes dont il était commandant. Page 249*

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