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avait dèdaré , promis et déjà commencé; qu'il ne fallait pas , pour l'intérêt de notre propre réputation auprès des étrangers , leur laisser croire et que toute la force de la France résidait dans un seul hommeVet qu'on avait si peu de respect pour sa mémoire. Je conclus donc , quant à ce point , qu'il fallait députer , sans perdre de temps , vers les princes d'Allemagne et le prince , d'Orange , pour savoir d'eux. si nos troupes leur étaient réellement nécessaires pour leur aider à réduire les états qu'on voulait leur assurer ; je pensais qu'ils pouvaient s'en passer, s'ils n'avaient mis les armes à la main que pour ce seul objet; et, supposé qu'ils en eussent besoin , savoir combien ils en demaiidaieiit; que j sur leur réponse, le secours s'avancerait sous la conduite d'un de nos bons o£&ciers , eu prenant sa route par-delà la Meuse , qui n'était ni le plus beau, ni le plus court , mais le plus sûr, ce qu'il ne fallait pas négliger; ou bien qu'on licencierait toute l'armée , à l'exception de trente mille piétons et six cents cavaliers, qui, appuyés de quatre canons seulement, et de deux «ouïevrines , seraient un camp-volant , prêt à se porter là où il; y aurait apparence de mouvement ; ce qui, dansxette supposition, me paraissait suf&re pour tenir tout en respect; que jusqu'à ce temps-là il fallait foire entrer en garnison les troupes de laCham-
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pagne , après leur avoir fait faire montre , et les avoir bien payées.
Je disais à peu près la mâoie chose de l'armée du Dauphiné. Comme elle n'était là que pour prêter main forte au dtic de Savoie, qui, par complaisance pour nous , s'était brouillé avec ses voi« sins 9 ou vraisemblablement allait l'être , il touchait à notre charge , ou de le réconcilier avpc le roi d'Espagne , ou de le mettre eh état de n'en être pas accablé ; et comme Cela ne pouvait être décidé qu'après Fenvoi d'nh autre député à ce prince,* peut-être même que long-temps après, je conseillais aussi de faire entrer cette armée dans des quartiers commodes , après une m<Hitre si exacte, qu'il n'y fut souffert aucun passe- volant, jusqu'à ce qu'on pût s'en servir ou la congédier tout-à-fait.
Je fus écouté fort attentivement Mes raisons me parurent avoir fait une in|pression générale , avec la différence , que les personnes dé bon e^rit ne craignirent pas de la marquer pair des signes d'approbation , et même d^applaudissem^it ; au lieu que tous les aatres, pon^seulement la cachèrent soigneusement, par vanité^ par méchanceté, ou plutôt par jalousie , mais encore combattirent mes raisons avec feu. J'eus soin d'instruire de totit cela Béthune, mon cousin , qui m'avait écrit pour
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me demander conseil snr le changemait que le malheur public apportait à ses fonction^ de notre ambassadeur auprès des princes d'Allemagne. Je ne rapporte point sa lettre , ni la réponse que je lui fis, parce qu'elle ne contient rien d'essentiellement différent de ce qu'on vient de voir ; sinon peut-être que je discutais plus particulièrement avec lui les bons ou mauvais effets de chacun des avis que j*ai rapportés. C'était , par exemple , quelque chose qui méritait bien d'être observé ; que si, de façon ou d'autre, il arrivait qu'on fit entrer en Allemagne un corps de troupes pour être joint à celui des princes alliés , cette entrée serait accompagnée de grands risques , ce corps fut-il de dix mille hommes , si les alliés n'avaient soin de la faciliter de leur côté, en s'avançant, pour recevoir ces troupes , à dix ou douze lieues au moins de nos frontières. L'embarquement proposé à Calais, si cette idée était suivie, avait aussi des in^ convéniens ; il ne pouvait donner à nos alliés que de l'infanterie seule , et au nombre de huit mille hommes au plus ; encore fallait-il qu'on s'entendît bien des deux côtés. Je prévenais Bétbune sur une chose à laquelle lui et ses cœ*respondans avaient dû s'attendre ; c'est que tout avait bien changé en France avec le maître, et je lui marquais mon étonaement de ce que les princes alliés qui le mettaient en œuvre exprimaient d'une manière si peu
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intelligible et ^i peu pressante leurs désirs, leurs« conseils et leurs résolutions. Je laissais à sa discrétion à juger quel usagé il devait faire d'une lettre où je devais prudemment lui laisser bien des choses à deviner. De conseil, je ne lui en donnais point d'autre que de continuer à se comporter comme il avait fait, jusqu'à ce qu'il reçût de nouveaux ordres, et je: lui promettais de veiller à ses intérêts : ce fut le a4 mai que je lui écrivis cette lettre.
Je fus encore appelé quelques jours après à un autre conseil plus particulier sur cette matière. M. de Jacop , ambassadeur du duc de Savoie , se doutant bien que les conclusions que «prenaient les nouveaux membres du conseil n'étaient. pas favorables à son maître, avait pressé la reine régente de lui faire déclarer au plus tôt , et Ae la manière la plus formelle, ses intentions , afin que son altesse prît là-dessus les arrangemens que son intérêt lui inspirerait. Il s'agissait de voir ce qu'on déclarerait à cet ambassadeur. Je ne trouvai , en arrivant le matin au Louvre, que M. le connétable, le chancelier et Villeroi, avec cette princesse; je faisais le quatrième. Gêvres et Loménie en devaient être ; mais Villeroi avait persuadé à la reine de les faire sortir ; ce dont Gêvres fit des plaintes, amères. Je me doutai , aux gestes concertés de cette petite as^semblée, et aux discours en-