‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 185 sur 195 · LIVRE VIWGT-HUITlèME · texte numérisé non relu

LIVRE VIWGT-HUITlèME

tortillés que commença à tenir l'un de ces mes* sieurs , qu'il y avait quelque chose de plus que ce que je voyais. «Madame, dis-je à la reine avec ma (c franchise ordinaire, je ne sais pas à quelle fin il « vous a plu m'appeler. Il semble que ma pré- « sence empêche ces messieurs de s'expliquer, ou « qu'on soit ici pour se surprendre les uns les au- « très. Je vois bien qu'il est question de M. le duc « de Savoie. On sait que je n'ai jamais été trop « bien avec lui ; j'avoue pourtant qu'aujourd'hui « que ses intérêts sont joints avec ceux de la « France, et qu'il est même, du moins en espèce rance, allié à la famille royale, je l'affectionne ce comme doit faire tout bon Français. Je trouve oc que le roi est obligé indispensablement de le « protéger et de le défendre ; qu'il y va même de « Thonneuretde la réputation de sa majesté, aussi- « bien que de notre gloire à tous , de ne point « souffrir qu'il lui arrive le moindre dommage en « sa personne et en ses états. »

Je vis la reine sourire en m'entendant parler de la sorte , et dire un mot à l'oreille de Villeroi. Ensuite elle se tourna vers moi , et me dit : « M. de « Sully, il est vrai, nous sommes ici pour parler «des affaires de M. de Savoie; mais il y en a d'au- €t très , autant et plus importantes que celles-là, à « quoi il faut pourvoir. Vous voyez les brouilleries « qui se préparent dans cet état pour la plupart v. 3o

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ce des grands du royaume , que vous m'avez dit « vous-même avoir une ambition et une cupidité <t insatiables : c'est à quoi ^ vous prie de bien « penser, afin que nous en discourions dans le « premier conseil.

« Aujourd'hui qu'il s'agit de M. de Savoie, nous « en avions déjà parlé à ces messieurs, et moi, « avant votre arrivée ; et nous ayons trouvé que le « meilleur était de réconcilier la Françç et l'Ës- « ps^e ; et qu'çnvoyant paw cet effet un pripce « à Madrid , sur le sujet de la mort du roi mon « seigneur, il faut le faire accompagner d'une perte sonne instruite et secrète , qui entame cette ré- « conciliation , et propose l'alliance des deux çau- « ronnes par un double mariage , que j^e sais que a les Espagnols désirent encore aussi fort qu'ils a faisaient auparavant. Pendant qu'on, trs^itera de ^ cette affaire , à quoi je ne prévois ni grande ^- <c ficulté ni beaucoup de longueur, il faudra ence tretenir le duc de Savoie dans ses premières es- « pérançes , jusqu'au temps où on ne risquera rien « à lui déclarer tout »

Cettç résolution me cau$a une p^ine que je témoignai par mon silence et en ha,v^sant les éptmles. La mne s'ep aperçut ^ et me fffes^a de dire mon avis ; ce que je fis , en mpntrant qu'on ne pouvait , sans, «'exposer au reproche de mauvaise foi , abandonner un prince qui avait rompu tous ses

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