‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 190 sur 195 · LIVRE VIKÔT-HUITIBME · texte numérisé non relu

LIVRE VIKÔT-HUITIBME

m'eo sut jbrt bon gré ^ et s'engagea hautement ^ comme me Va rapporté un des fils de M. d'Har<court, de ne point entrer dans Paris qu'il ne m'eut vu et pris mes conseils. Ne voyant presque autour de moi que des ennemis , je sentis un vé*ritable mouvement de joie d^avoir ainsi éteint la haine que m'avait portée pendant quelque temps le premier prince du ^ang* Il me, fit mèm^ Vh^mr owr de me députer à différentes fois MM. de Rieux y de Monti^taire ^ de Clermont et autres gen* tilshommes, pour me faire part de sa situation et de ses desseins.

Lorsqu'on lui eut appris la mort du roi „ il ne balança* pas un moment à s'acheminer vers la France. Il compta qu'en faisant une extrême diligence , il pourrait se trouver co^sore assez à temps pour faire valoir les droits que lui donnait son rang dans cette conjoncture , toute semblable à celle où le roi de Navarre, son grand^oncle, avait cherché» à sie faire préférer à la reine Catherine de Méditiis. Ils n'eurent pas un succès plus heureux l'un que l'autre dans leurs prétentions. Le prince de Condé fut bientôt informé que la reine y saus l'attendre, ni lui, ni les autres princçs du sang, sans faire précéder, suivant les lois, l'établisse-r ment d'un conseil de régence y ni observer aucune dies formalités pratiquées en pareil cas , avait été plutôt décUrée que choisie régente. Il comprit

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alDrs qùHl ne lui restait plus-aucune espérance de parvenir à la régence ; il douta même du traitement qu'on lui réservait à la cour, où sa présence ne pouvait après cela qu'être désagréable. Cette incertitude lui fit ralentir sa marche, et souliaiter, avant de s'engager davantage , d'être plus particulièrement instruit de la disposition des esprits, surtout de ceux qui avaient quelque pouvoir. Rien ne lui paraissant plus capable de le faire écouter et respecter que les déférences qu'on verrait que les grands témoigneraient publiquement avoir pour lui dans cette occasion, il les fit sonder presque tous, et leur fit sentir qu'il se tiendrait obligé envers ceux qui viendraient au-devant de lui et l'escorteraient en entrant dans Paris.

Cette proposition me fut faite, ainsi qu'aux autres; et je crus que la place que j'occupais, m'empêchait d'y déférer, sans en avoir du moins obtenu la permission de la reine, comme repré* sentant la personne du roi même. Elle ne me la refusa pas formellement ; mais elle me donna bien à ^itendre par l'air dont elle reçut ma demande que c'était lui faire plaisir que de s'abstenir de ce devoir. Je compris encore par le peu qu'elle me dit qu'elle me donnait, comme à tous les autres, à opter entre elle et les princes du sang , avec lesquels elle s'attendait apparemment à ne pouvoir jamais bien s'accorder. Peut-être que la froideur

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