‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 191 sur 195 · LIVRE VmGT-flUITliME · texte numérisé non relu

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que je remarquai en ce rnoraent sur son visage « provenait aussi du mécontentement qu'elle avait^ de ce que j'avais fait tenir de l'argent à M. le prince, car on n'avait pas manqué de le découvrir et de le lui faire savoir; et ^ans doute elle ne se souvint pas que c'était un article de dépense employé sur les états. Il se pouvait bien faire encore qu^e ce fut une suite du chagrin que lui avait causé un conseil dont j'ai oublié de parler, dans lequel il avait été statué que, jusqu'à nouvel ordre , je continuerais à manier les finances comme par le passé , et nommément pour ce qui regardait les pensions de l'état. Je craignis que la reine ne m'attendît à ce passage pour ne me le pardonner jamais, et je résolus de ne point m'exposer à sa haine pour une chose qui ne me semblait pas d'aussi grande conséquence qu'apparemment elle le paraissait à M. le prince. Il me dépécha courriers sur courriers pour me faire changer de résolution ; et il me fit déclarer enfin , par les mêmes gentilshommes que j'ai nommés, qu'il était déterminé à ne point rentrer dans Paris, puisque je refusais d'y paraître avec lui, et de l'entretenir sur des choses qui décideraient du parti qu'il prendrait , et qu'il ne pouvait savoir que de moi.

Je retournai faire de nouveaux efforts auprès de la reine, de laquelle je ne pus jamais tirer v. 3i

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que cette sorte de permission au travers de laquelle on aperçoit clairement un refus. L'altar* native était d'autant plus embarrassante ^ qu'elle n'était que trop réell^Bent entre deux partis * qu'on pouvait dès-lors regarder comme opposés. Je n'en fais point de mystère; je me déclarai pour celui qui pouvait me procurer les £ruits d'un service essentiel contre cdut qui ne me promettait que l'obliglition d'une simple compla^ sance facile à oublier; et j'allai trouver M. le prince ^ , qui , qudque chose que lui eut pu dire le duc d'Épernon, n'avait jamais voulu partir du lieu où il avait dîné qu'il n'eut su que j'en états très-^rocke. Je le rencontrai en pleine campagne ^ et descendis pour lui accoler h. cuisse; mais il descendit lui-même presque aussitôt que moi^ et vint m'embrasser avec des marques égales de déâtitiction et de joie. Il se mit à th'eiitfvtenîr à pied, au travers de la campagne^ où nous de* nkeunàmes bien un qikart d'isenre^ quoique d'É-^ pemon représentât à ce pritioe qu'il u'avait q»e ce tqu 'il lui fallait de: 'temps pow arriver. De fois à autres il m'adressait la parole sur difleneiites choses , dont le néoêt me ^paraît inutile 'ici. Je IJac-

' « M. le prince, dit l'historien Matthieu, était en sa maison <( de Châteauroux. Il avait vu le duc de Sully, qui l'avait con- « seiifé de retourner à la dotir , sa seule présence pouvant plus « prdfitier ail service du ivoi, etc. » ilhidi 2^.

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compagliai jusqu'ai^ Lpuvrp , où je le lais^i faire sa cour ' et entret^ir la reii>e , et je m'en retourjpai à l'Arsenal.

Il 3e pouvait biw fe^r^ qPP M. le prinpe , Ipr^ ïpéme qu'il pçLrai$sait craindre Sf ft?rt d'être lyialtraité de la reine , s'eij produit ij^tériieur^eQ^nl: une tout autre réception y ^rsqu'il se r^ippelait la bonn§ inte^igeupe qui avaii|: été autrefois entre elljp |Bt lui , et iniênfe qu'il se bâtit l^d^su^ un plan biw diffiérent dp felu^ do»t il ip'enti-ete^it Per^oniip n'avai(t dputé , lorsqu'il sortit du royaume , que sou m/d^Q^ffintepffifit pt 3a fiait^ ne fu^seï^ l'eÇfet de$ ^v^^ et de^ per§i^asions de pette princes^, et le roi lyi^mép?e m fat iur fpjrmé. Quoi ^qu'il en so^t, M^ h pririce, s'il eu,t

' « M. le prince entra dans Paris le i5 juillet, £^ccompagné « de quinze cents gentilshommes^ ce qui donna quelque alarme > à la reine , qui considérait qu'ayant ies canon», la BastîHe et .4 l'arga^ du feu cod qn.sa puia^aBoe, paF.lejij|uc deâdi^, si « Je .p^kfl[^€^t et jle pe\ip\e n euss^^^t ^é $4|èjes, jl poiujvfit .« entreprendre des choses de très-dangereuse conséquence « pour le service du roi. M. le prince n'était pas en inoindre « méfiance que celle qu'on avait de lui. 11 reçut trois ou quatre «c-aTis.^ arrivait,. que laixeine, à la âuscK(atàon i^Ui çpmtP.ie « Sçî^spps, ^avait dessein de ^ ppli^ d,e pjper^om^e et de.c^e « du duc de Bouillon ; ce qui fit quç , nonobstant la bonne w chère qu'il reçut de leurs majestés, il fut trois nuits alerté, « en état de sortir de Paris au premier bruit qu'il entendrait •«( ^de -qudfue /entreprise cointre lui. » Mîstvère ée ia inèns et du ^fils, t. j,|). *ai.

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cette pensée, ne tarda pas à être détrompé, et à connaître par son expérience que rien ne tient contre la jalousie du pouvoir absolu. La reine lui parut avoir entièrement perdu le souvenir du temps où ils avaient donné le nom d'intérêt com* m un au motif qui lesf faisait agir; et ce ne fut assurément pas le détail des af&ires d'état et dse gouvernement qui le lui fit oublier, car elle ne lui en donna pas la moindre communication. Elle se retrancha avec lui sur un cérémonial si grave , si froid et si silencieux, qu'il sortît du Louvre trèsmal édifié de tout ce qu'il avait vu.

Je le compris aux discours que me tint ce prince dans une visite que je reçus de lui deux jours après , quoiqu'il ne se déclarât pas d'abord ouvertement et qu'il ne nommât personne. J'attendis, de mon côté, pour me livrer, qu'il m'eût <lécouvert plus naturellement le fond de ses sentimens , et je me tins encore plus serré que luî. Mais dans la suite de cet entretien il commença à me parler si clairement de ses dispositions; il me fit voir tout à la fois tant d'estime , de confiance, de désir de pouvoir trouver conjointement avec moi les moyens de prévenir le bouleversement dans les affaires et le désordre dans les finances dont on était menacé; il me demanda si sincèrement mes conseils sur la manière dont il pourrait marcher au bien public à travera le*

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