‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 192 sur 195 · LIVRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-HUITIÈME

obstacles que la jalousie, la haine et la* cabale allaient opposer à ses desseins , que je crus devoir , et à sa confiance ^ et au motif louable qui le faisait agir, lui parleir enfin à coeur ouvert sur toute cette matière. Ce qui acheva de m*y déterminer , c'est: que, ce prince jn^ayant avoué que, de tous ceux à qui il avait communiqué Tenyie qu'il avait de voir les affaires politiques et domestiques de Tétat continuer à être gouvernées par les principes qu'avait suivis le feu roi , il n'y en avait pas un qui ne se fut efforcé de la lui faire perdre ; je craignis que la vue des difficultés , ou absolument insurmontables , ou qu'on ne pouvait vaincre qu'avec des risques infinis sans en retirer que des fruits très-médiocres, ne le jetât dans la route où Ton cherchait à l'engager.

Après donc l'avoir remercié de l'honneur de son estime et de sa confiance , je lui fis la réponse suivante , et presque dans les méines termes qu'on va le voir : que toutes les personnes qu'il avait entendues ou consultées sur la question présente y étaient trop intéressées pour lui donner un conseil ^qui aurait détruit toutes leurs espérances; que je n'en avais point d'autre à lui donner que celui que je donnerais à messieurs les princes du sang ses oncles , les princes de Conti , le comte de Soissons , et à la reine elle-même , s'ils me le demandaient avec intention de le suivre, parce

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que leur intérêt à eux quatre , lorsqu'il était bîfen éclaifci, se trouvait être absolument lé même: je veiix dire , de se tenir unis pour le rbi contre tes grands , et contre cette foule d'importune ambitieux et intéressés dont la cour était remplie; parce qu'à coup sûr toutes ces personnes ne songeaient qu'à tirer parti, par les voies les moiii^ permises, d'une conjoncture qui, de tout temps , a été le triomphe de l'avarice et de la licence ; ^ue c'était là lé point d'où il fallait partir; mais que^ pour ne pas s'en égarer d'une autre manière , et pour ne pas montrer soi - même reteiiiple que l'on condamnait, il était nécessaire qu'une déclaration solennelle instruisît tout le royaume que cette union n'avait pour objet que de tendre en tout et de la manière la plus noble au plus grand bien de Tétât , et que les efforts qu'on verrait s'ensirivre apprissent que c'était en marefaant sur les traces d'un roi dont le succès avait justifié tous \e& dépeins et les ouvi*ages qu'on prétendait y arriver; qu'un devoir essentiel de tout point était de protester souvent et hauteinenl qu'on était inspiré du m^e esprit qui avait feit trouver à ce grand prince le secret de faii^ d'un royaume abîmé un royaume florissant, et que la meilleure manière de montrer qu'on l'imitait en effet était de ne rien prè tendre polir soi-même en rel^iïsartt tout aux injustes de-

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