‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 25 sur 195 · LIVRE VIITGT-QtfATRlAME. 6l · texte numérisé non relu

LIVRE VIITGT-QtfATRlAME. 6l

ri^i de toutes les parties excédantes ^ épices , frais, redditions de comptes, gages, droits, taxations , recettes , et autres choses de cette nature , ne devait éti-e omis. Je leur enjoignais de faire faire ce dépouillement, non seulement des comptes des receveul^ généraux, mais encore de ceux des receveurs particuliers, parce qu'on avait £sdt entendre à sa majesté que, ceux-ci n'étant point dans l'usage de faire vérifier les leurs au conseil, c'était dans ceux-là qu'il se trouvait, de la part des chambres , plus d'indue vexation. J'ajoutais à la fin de cette lettre, que je ne leur envoyais, pour cette recherche , ni arrêts , ni commissions particulières, parce qu'elles pouvaient le faire d'office; mais que , si elles croyaient en avoir besoin , elles n'avaient qu'à me le mander, et qu'elles devaient être obligées à sa majesté de ce qu'au lieu des rigueurs inséparables des chambres de justice et des envois des commissaires, elle ne se servait, pour corriger les abus , que de ses propres officiers ordinaires ; que c'était à eux à y répondre par toute l'exactitude et la bonne foi possibles.

C'était une affaire à démêler ensuite entre les diambres dés comptes et les trésoriers^ receveurs et autres comptables. Ceux-ci parèrent le coup par deux moyens ; le premier, en réjetant tout sur les chambres; le second, en disant que le roi leur avait fait acheter une assurance de n'être jamais

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inquiétés , ni eux , ni leurs comptables subordonnés, par une taxe de six cent mille livres , qu'ils avaient en effet payée. Restait le recours sur les chambres des comptes , ce qui présenta des difficultés d'une espèce bien diffépaite. Ces corps prétendirent à leur ordinaire que l'autorité souveraine dont ils sont dépositaires à tous ces égards , les^mettait en droit de recevoir tous les comptes en dernier ressort, sans être obligés d'en répondre à personne , pas même au roi. Je ne trouvais cette difficulté bonne, tout au plus, que de ces chambres à moi, et je parus à sa majesté disposé à entreprendre ces cours souveraines , si die voulait , de son côté , donner tous les ordres nécessaires au conseil , à elles et à moi. Ce n'est pas ma faute , si la chose n'alla pas plus loin.

Malgré le règlement que j'avais fait l'année précédente, pour les commissaires départis dans les^ généralités, je recevais encore de fréquentes plaintes contre eux. Hanapier me porta les siennes contre celui du grenier à sel de Buzançois. J'en fis citer quelques-uns au conseil, où Tardieu reçut une rude réprimande. Je ne pouvais leur faire comprendre que toutes les vexations* qu'ils faisaient au peuple sur le sel, par exemple, sous une fausse apparence de profit pour le roi , lui faisaient perdre beaucoup plus ^ur la- taille , par l'insolvabilité où elles réduisaient les particuliers ,

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