‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 28 sur 195 · LIVRE VINGT-QUATRIÈME. Ô · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-QUATRIÈME. Ô

pour faire supprimer un grenier à sel établi dan$ ieRétbeloisàla sollicitation delà duchesse sa mère, k laquelle le roi avait abandomié le profit de ce bureau pour une somme qu'il était convenu de lui donner. Je diercbai chez les trésoriers de Champagne Téclaircissement de cette affaire , qui n'était pas de mon temps , et je n'eus pas de peine à retroviver le brevet de concession à la duchesse de îïevers. Le roi jugea, en le voyant, qu'il devait être quitte envers cette maison ; il m'ordonna pourtant , en me le reïivoyant , d'acquitter ce qui ^ après un calcul juste, pourrait encore se trouver dû au duc de Ne vers; mais qu'après cela j'amélio* rasse cette partie comme les autres , loin de l'é* teindre. Sa majesté avait deux procès contre cette maison pour les successions de celles de Foix et d'Albret ^ par lesquels on se demandait récîproquement des millions. Cette affaire passait pour être fort embrouillée. Je m'attachai , lorsque j'eus les pièces entre les mains , à en faire un méiiloire si succinct et si clair , que je fis aisément coni'prendre au roi que je ne m'étais pas trompé lorsque j'avais jugé que des deux côtés il y avait presque tout à rabattre.

Ceux de Lyon avaient aussi un procès au con* seiJ contre Feydeau. Ils représentèrent à sa majesté que le refus que le conseil faisait de leur délivrer un arrêt qu'ils y avaient d^jà obtenu portait un

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préjudice notable à leur commerce. Le roi me les recommanda , et je fis finir leur affstire : le bien et le mal d'une ville telle que Lyon est celui de tout le royaume. Elle m'en fit remercier par ses prévôts des marchands et des échevins.

Sur un procès-verbal que m'envoyèrent les trésoriers de France de Beziers, de la manière dont se faisait la levée du marc d'or , je fis rendre un arrêt au conseil pour surseoir cette levée. Je ne sais ce qu'on fit entendre là-dessus au roi. Sa majesté m'écrivit de ne pas faire signer cet arrêt , ou s'il l'était , de ne pas le faire signifier sans un ordre de sa part, non qulelle prétendit autoriser les abus qui se commettaient dans cet impôt , mais parce qu'elle voulait du moins les connaître ; ils intéres^ saient si fortement la sûreté des deniers qui en provenaient , que je fus persuadé que le roi ne nous blâmerait que d'avoir tant tardé à y mettre ordre.

On me fit auprès de sa majesté une autre imputation bien plus grave au sujet du conseil , dans lequel on voulut persuader à ce prince que je faisais entrer des personnes qui ne le méritaient y disait-on , ni eu égard au bien du service , ni par leiir propre personne , et que cette méthode avait jeté beaucoup de confusion dans le conseil. Si la chose avait été vraie , j'avoue que je méritais encore tout autre chose que les reproches que m'en fit sa majesté , parce que c'eût été abuser très-cri-

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