‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 43 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. lOl · texte numérisé non relu

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pour cela ; mais que , pour moi , la chose était différente; que je serais sincèrement au désespoir d'augmenter en honneurs, en biens et en dignités aux dépens de ma conscience ; que , si j'avais jamais à changer de religion , je sentais bien que la seule conviction intérieure m'y porterait, et non point l'ambition, l'avarice, ni la vanité; et que, si j'en usais autrement , je donnerais lieu à sa majesté elle-même de tenir pour suspect un cœur que je n'aurais pu garder fidèle à Dieu. « Pourquoi , a reprit Henri , avec une cordialité qui me toucha « sensiblement , pourquoi ne me fierais-je pas à « vous , puisque vous ne feriez rien que je n'aie « fait , et que vous ne m'ayez donné conseil de « faire lorsque je vous le proposai ? Je vous prie « oicore de me donner ce contentement; pensezff y bien, je vous donne un mois pour y réfléchir: « ne craignez pas que je ne tienne pas tout ce que « je vous promets. Je ne doute nullement , Sire , « lui répUquai-je , que votre parole ne soit invios lable. Je ne désire rien tant que de vous plaire; « je n'y manquerai jamais , tant qu'il sera en ma « puissance de le faire. Je vous promets depenseï* « très-sérieusement à tout ce qu'il vous a plu de « me proposer. J'espère toujours satisfaire votre « majesté, quoique je ne le fasse peut-être pas de « la manière qu'elle pense. »

Lorsque les protestans entendirent parler de

rompre mon alliance avec Lesdiguières , et de faire épouser mademoiselle de Vandôme à mon fils , car le bruit en fut bientôt r^^pandu partout , ils crurent tous pour cette fois qu'ils allaient me perdre.. Il y avait long-temps qu'ils m'accusaient, avec les reproches les plus amers, de travailler à la ruine du parti protestant en France , en amassant au roi ces sommes coDsidérables , et toutes ces provisions de guerre dont ils Sie figuraient, dans leur frayeur , que le poi^s les accablerait les premiers. En vain je tâchais de leur persuader qu'ils n'avaient rien à appréhender de semblable d'un roi tel que Henri ; leur prét^tion les £^sait toujours revenir à leurs premiers soiipçons contre moi. Ceci les y confirma. Les caresses que le roi faisait à Rosny , que fort souvent il appele^t r?ion fih, l'accès que je donnais 9^ tous les ecclésiastiques , les réédifications d'églises , d'hôpitaux et de couvens , auxquels j'employais tous les ans une somme considérable de deniers royaux ; le bref de Paul V, dont il courait plusieurs copies ; que s^is-je ? millç choses qu'on releva en oe n^oment leur parurent la dernière preuve de mon infidélité.

. Les principauip de ce corps , et surtout le& ministres, en parurent d'autwt plus intrigués, qu'il ne s'agissait pas seulement d'un triomphe que l^urs ennemis allaient remporter sur eux, mais

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