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apaiser par tous les moyens possibles, les regardant comme un germe dont il ne fallait attendre que des fruits pernicieux; et il lui fâchait fort de ne pouvoir pas toujours y réussir comme il Taurait bien souhaité. Le règne de ce prince, semblable en beaucoup de choses à celui d'Auguste , eut encore cette conformité avec lui, et c'était aussi cet exemple que Henri se proposait à suivre le plus ordinairement : œquitate^ nonaculeo. Voilà la devise que je mis, suivant son intention, aux jetons d'or de cette année, qui représentaient un essaim d'abeilles en l'air, ayant au milieu d'elles leur roi sans aiguillon. Je les lui présentai comme il passait de sa petite galerie dans la grande qui conduit aux Tuileries. Nous nous y promenâmes long-temps ensemble, en nous entretenant sur le sujet que je viens de dire , et sur ces mêmes chagrins qui m'ont déjà fait déplorer tant de fois le malheur de ce prince trop bon et trop doux.
On a pu s'apercevoir, dans les années précédentes , de ma fidélité à observer la promesse que j'ai faite précédemment , de ne plus entretenir le lecteur des faiblesses de Henri. J'ai caché avec soin à mes secrétaires et à toute autre personne ce qui s'était dit sur ce sujet entre ce prince et moi , dans ces conversations si longues et si secrètes. Depuis la marquise de Yerneuil, le nom (l'aucune femme n'a été employé dans ces nié-
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moires à titre de maîtresse du roi. Tai mieux aimé qu'on ignorât tout ce que j'ai eu de peines à essuyer par cet endroit que de les faire connaître aux dépens de la gloire de mon maître. Peut-être ai-je poussé ce scrupule trop loin ; car le public a été si rebattu des noms de madame de Moret ' ,
' Jacqueline du Beuil, comtesse de Moret, Charlotte des Ëssarts, comtesse de Romorantin, deux des maîtresses de Henri IV. Il eut de la première, Antoine, comte de Moret, tué à la journée de Castelnaudary, en i63a, et de la seconde, deux filles , l'une abbesse de Fontevrault, et l'autre de Chelles. De ces deux femmes, de la duchesse de Beaufôrt et de la marquise de Yerneuil , qui portèrent successivement et tout ouvertement le titre de maîtresse du roi, ce prince eut huit enfans, qui furent les seuls qu'il légitima. Il aima encore Marie Babou, vicomtesse d'£stauges, deux cousines de la belle Gabrielle, et plusieurs autres. Voyez V Histoire des amours du grand Alcandre.
Après la mort de Henri IV, mademoiselle desEssarts épousa secrètement le cardinal de Guise, Louis de Lorraine, à qui le pape donna dispense pour ce mariage, et en même temps pour garder ses bénéfices. La chose a été prouvée par le contrat de mariage même, qu'on trouva parmi les papiers de ce cardinal, après sa mort, passé dans la forme la plus authentique. Il en est fait mention dans le Mercure historique et politique y avril 1688. De ce mariage sortirent trois fils, l'un évéque de Condom, et le second comte de Romorantin, et deux filles, dont l'une épousa le marquis de Rhodes. Charlotte des Ëssarts se remaria ensuite à François du Hallier de L'Hôpital, maréchal de France, comte de Rosnay, etc. Le commentaire des amours du grand Alcandre marque simplement qu'elle fut maîtresse du cardinal de Guise, et ensuite de N. de Vie, arche-