‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 51 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIEME

a que j'eatimeraî plus ces deux services que si « vous m'aviez gagné une bataiUe , ou pris avec « vos canons la ville et château de Milan ; car < le cœur me dit que cet homme et cette femme « causeront un jour bien du mal. Je leur trouve ff des desseins aurdessus de leur condition , el; a contraires à leurs devoirs ; mais ne vous em* a barra^^z pas comme fit don Joan. » Je voulus encore d^pander à ce prince pourquoi il persia»tait toujours à me remettre une exécution aussi douteuse entre les mains, pendant qu'il ne lui en coûterait, s'il voulait bien s'en charger, que .de prononcer du bon ton à deux femmes xmjQ.ie veux. Ce qu'il me répondit , et ce que je lui ré»pliquai ,, on l'a déjà vu une infinité de fois dans ces mémoires. Au bout de tout cela , il s'en alla , et me dit en m'embrassa^t : « Adieu , mon ami , « je vous recommande ces deux affaires , car elles « me tiennent bien fort au cœur ; et surtout soye;c « secret- »

Je ne pus , en réunissant toutes mes forces , pour assurer la tranquilli|:é de ce prince, que faire luire pour lui quelques instans . de calme au milieu de beaucoup d'autres d'orage ; c'est ainsi qu'il passa le peu de jours que le ciel lui gardait encore. LHm de ses plus longs intervalles de repos fut le temps de Faccouchement de la reine. Elle suivit sa majesté, qui prit, au commencement de mars, la

r!ka miiifOiRXS de sullt.

route de Fontainebleau. Il éts^t impossible de pousser plus loin les égards que le faisait Henri pour elle dans l'état où elle était. Le caractère de.Joe prince était de chercber à satisfaire tous «eux généralement avec lesquels il avait à vivre. Il m'écrivit souvent de FontaineUeau , et presque jamais sans me donner des nouvelles de la santé de la rdne. « Je pensais , dit41 , vous mander Fac- « couchemenl: de ma len^ne , mais je crois que la lï partie est remise à cette nuit. » Une autre fois : «t Ma fetnttie croît aller jusqu'au bout du mois, 4c pviisqu'^ie passa la journée d'hier. ^ Le aS d'avril fbt ie jour de cet accouchement du troisième enfent mâle du roi ' .

Oe prince m'en écrivit les lettres ordinaires. Il «ne mandait dans l'une d'elles que je lui: apprisse •commeiït cette naissance avait été reçue : « Je ne « dis pas de vous , dîsait-iV, car je n'en doute point , « mais du public. » Je dois garder bien précieusement la lettre suivante , que m'apporta le duc de 'Rofaân de sa part , sur ce que ma femme venait aussi d'accoucher d'un fils , et presque dans le même temps que la reine. « Je crois qu'aucun

* i&astaf]^tJ6aii^af»tîste de France, nommé d*abard duc d'ioijoUyCt di^puisduc d-OrlémiSy mort en ijS6o. Siri fait dire à Henri lY , avant la naissance de ce prince ^ qu'il voulait le donner à l'Église, et le faire appeler le cardinal de France, tbid. 56a ^

« de mes serviteurs n'a pîi« plus de part que VoUë ( à k nàis$àûce de ttiou ûh d'Anjou ; je vtvx aussi a qufeToas croyiez <fiie je sutipasse eu joie tous vos ff amis, dfe !à naissance d^ voti-e fib. Vous aurfei « bfeii la tête Wtnpue de leurs cajoleries ; tnais « rassuranoe de mou amitié vous sera plus solide « que toutes leurs paroles. Je fats mesrecctfmnau- « dations à Taccouchée ^ »

La reine s^e twiiva plus indisposée de t^tè ctMicîhe tjuè des Ëtutré^ ; elle ftît saignée dti [iied { lespui'gatlbns iUpp^ittiées tfeVittreùt , et elle gwéî^il bientôt lotaliéihent. Le foi en eiît tout le sôih pos* sible. Il vîiùt à PaWsr au comttienceïlaeUtiJe tttfai; toâis il s*en i*etoutria bien vite ; et la joie que la reine lui làarquà de te retout' lui eh dohua iine véritable. 11 accorda à t:ette princesse qu'on fil cette année pour dix ou douz^e mille éCù* de bâti* iiie&s à Mohcéatit. ïl m'en envoya Tt^rdre, car c'est ism des lettres de sa majesté que je ptHMids tôift ce détail , et i! réitéra sur ce que le tnaître iriaçoil cpiiétaitvenu les entreprendre avait été ct)ntrainty toi, de rompre son atelier feitite d'argent * c'est T^e j'avais assigné ce paiement sur une restituation de deniers que devlsiit faire le neveu de d*Ar-»

' « h désir^ais, dit Henri lY , que Dieu lui eu eût donné * une douzaine ; car ce serait grand dommage que d'une si ' bonne tige il n*y eut point de rejetons. » Mémoire historique ^haHc€,ibid.

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gouges,. çt qu'il ne fit pas, alléguant, pour gagner du temps, cfu'il ne devait rien : sur quoi le roi me m^nda encore que je pressasse , et que j'avançasse d'ailleurs ces deniers , sansm'en remettre sur Fresue , qui ne pouvait l'y forcer. Il craignit que. je n'ajoutasse foi aux rapports qu'çm çi'avait ' faitSf, ,que la reine n'était pas contente çle moi, et me cherchait querelle. Il me rapportait dans une ^^tre lettre, pour preuve du contraire ^ jLa.uïaç^ière dont: cette princesse avait pris mon pe^rti contre inonsieur et madanie de Yantadour , qui avaient fait à leurs majestés des plaintes qpntr^.910^»

On ae pouvait guère lui faire de plaisir plus sensible que de se, conformer à la complaisance qu'il avait pour toutes les perçonqe^. qui l'environnaient. J'en reçus un repaerpîmept pour un service rendu à madame de Verpçuil et à madame de Moret , et pour .la manière doiit.je m'employai à le débarrasser de mademoiselle des Ësçarts. Cette fiUç commençait à lui être extrém^ant à charge, parce qu'elle voulait prendre sur. lui le même ascendant qu'avaient eu toutes sjss autres maîtresses. Enfin elle parla de se retirer à l'abbaye de Beaumpnt , à des conditions sur lesquelles Henri envoya souvent Zamet et La Varenne conférer avec moi : il se donna là peine d'écrire au président de Motteville sur un office de maître des cojnptes à Rouen , que la demoiselle lui demandait, et à Montauban^

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