‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 52 sur 195 · LIVRE VIITGT-CrNQtJliME. laS · texte numérisé non relu

LIVRE VIITGT-CrNQtJliME. laS

pour avancer les deniers nécessaires pour l'acquérir. Il fallut encore donner mille écM à cette demoiselle , et cinq cents à Tabbaye de Beaumont. Le roi me demanda l'un et l'autre f- par une lettre du 12 mai : trop heureux d'en être quitte à si bon marché.

Il me consultait encore pour savoir comment ii pourrait faire pour ne pas se brouiller avec la reine dans une Occasion où Conchini se trouvait compétiteur de madame de YemeUîl pour une grâce que cette dame s'était fait promettre deux ans auparavant. « J'aime mieux , m'écrivit ce prince , « madame de Vemeuil que Conchini. » Gela n'est pas douteux ; mais il avait dans ce temps-là de fort grands ménagemens à avoir pour la reine. Tout ceci tient à une intrigue de cour^ qui fera plaisir à quelques personnes , et que je ne saurais mieux entamer que par la lettre suivante , que le roi m'écrivit de Fontainebleau.

ce Quoique je sois parti mal d'avec madame de « Vemeuil , je ne laisse pas d'être eùrieux de sa- « voir la vérité d'un bruit qui court ici , que le « prince de Jqinville la voit; appreniez^en la véa rite , et me le mandez dans un billet que je brûff lerai, comme vbus ferez de celui-ci. On dit que « c'est ce qui le retient si long-temps : vous saurez « bien si c'est faute d'argent. » L'avis était véritable : Joinville s'était laissé surprendre aux charmes de la

marquise, qu^ ne le désespéra pomt, ctitH>n. Il ne fut bruit pendant un a^e? loi^ temps que de leur bonne inteUigence, et des lettre^ fort passionnées qu o|i prétendait qu'ils a'étaient écrites; enfin l'on assura que k proposition d'épouser avait été faite très-sérieusement. On remarque bien que dans tout ce que je dis ici je n^ parle que par la bouche de t<^ute la coiir et de tout Paris : c'est que je ne laisse pas d'avoir dans œtte affaire ^ toute frivole qu'on peut la juger , des secrets fort inoportans du roi à sauver. Si la chose alla aussi loin entre les deu)( amans qu'on a voulu le Yaîre crcdre , il paraît que madame de Verneuil en fut la dupe, et que, malgré toute son expérience, elle ne connut pas asse?; bi^ le style et la marche d'un jeune boimne wcore plus étourdi qu'amoiireuii:. Ëng^" geme^s, sermcsns, privautés, lettres, tou|t (»h aboutit , en a^e» peu de teiapips , k upe rupture qu on attribue à l'un et à l'autre ; mais , à dire vna i la faute en est k madame de Yillar^ V, qui pari^^ trop belle auj^ yeu^L dQ ^oinvUl^^ pour ne pas 1® rendre infidèle.

Madame de ViUars ne se montra pas d'un abord si facile que sa rivale ; elle se sentait du sang rojal, avec lequel le sien était méléu Joinville, l'ebuté, désespéré , arracha d'elle la cause de ses rigueurs :

« Juliette-Hippolyte d'Estrées, femme de George de Braneas^ maripiia de Viliars.

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